À la sortie de l'audience, les actionnaires de Guyane Media SAS encaissent le coup. Ils devront encore attendre jusqu'au 18 juillet (HG)
Le repreneur d'ATG ne sera pas connu avant le 18 juillet. La décision a été renvoyée pour des raisons qui laissent perplexe.
Hier, le tribunal de commerce a de nouveau reporté la décision concernant la reprise de la chaîne locale privée ATG. Décision renvoyée au 18 juillet à l'issue de l'audience qui s'est tenue hier après-midi.
À la sortie, le premier candidat, Robert Moy, a quitté le tribunal au pas de course, restant muet face à la presse. Ses concurrents, rassemblés sous le nom de société « Guyane média SAS » ont laissé éclater leur colère. En cause : l'absence du vice-président du tribunal de commerce, Alex Madeleine.
En son absence, le quorum n'était pas atteint. « Je trouve très grave qu'un juge consulaire qui prête serment, qui a des engagements vis-à-vis de la société, ne prenne pas ses responsabilités » , tempête Marc Ho-A-Chuck, président du projet de reprise Guyane Média SAS.
À QUI PROFITE LE CRIME ?
Mais quand bien même le quorum aurait-il été atteint, la décision n'aurait pu être rendue hier. L'administrateur provisoire aurait « oublié » de transmettre les éléments au procureur afin que ce dernier fasse suivre au CSA pour avis. « Je suis étonné de la légèreté avec laquelle ce dossier a été traité. L'ensemble du service judiciaire connaît la loi, il sait quelle était la procédure qui devait être respectée dans le cadre d'une situation comme celle-là » , poursuit Marc Ho-A-Chuck. « Les conséquences sont terribles. La période d'incertitude pour les salariés se poursuit. Personne ne sait qui dirige, qui finance, qui paiera les salaires. Voilà la situation. »
Les actionnaires du Guyane Média SAS (Marc-Ho-A Chuck, Jordan Rizzi, Carole Ostoréro, Jean-Michel Hégésipe et Gilles Vernet) craignent que la situation ne se dégrade à tel point que la reprise devienne impossible. Ils se posent la question qui est sur toutes les lèvres : « À qui profite le crime ? » Et font remarquer qu'Alex Madeleine siège à la CCIG présidée par Jean-Paul Le Pelletier, fondateur d'ATG. Ils commencent à en être persuadés : « Jean-Paul Le Pelletier préfère voir sa télé mourir plutôt que nous voir la reprendre. » L'intéressé nous a renvoyés vers son avocat, Maître Rudy Constant, qui est en fait l'avocat historique de la chaîne et avocat des actionnaires majoritaires. Concernant l'absence d'avis du CSA, il estime que le problème vient surtout de « la complexité de la législation » en matière d'audiovisuel. Mais il se veut rassurant sur l'avenir de la chaîne : « La situation n'est pas critique dans la mesure où les offres de reprise tiennent la route. »
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