Investiture à Paramaribo : Jennifer Simons succède à Santokhi
Suite aux élections du 25 mai, le processus démocratique s’est achevé ce mercredi matin avec la nomination officielle de Jennifer Simons à la présidence de la République du Suriname. Un immense défi, à la hauteur des attentes de la population, l’attend.
Des coups de théâtre et des périodes de grands suspenses ont marqué la vie politique du Suriname depuis la tenue des élections. Le jeu des alliances, nécessaire à la formation d’une coalition, a tenu le public en haleine pendant toute cette période. Aujourd’hui marque l’aboutissement : le Suriname a une Présidente.
Le stade Anthony Nesty avait été apprêté pour la cérémonie, qui devait accueillir une foule importante de représentants diplomatiques, d’officiels et d’invités. Le vice-président Rusland, puis la Présidente Simons ont prêté serment, comme le prévoit la Constitution, et ont accepté leur mandat. Jennifer Simons a reçu l’écharpe présidentielle des mains de Chan Santokhi. Elle devient la première femme Présidente du pays. Elle aura la charge de conduire, dans quelques mois, la célébration des cinquante ans de l’indépendance. Le symbole est fort dans un pays où la femme est souvent le pivot de la famille.
À l’issue de la cérémonie de passation de pouvoir, un défilé a eu lieu devant le Palais présidentiel, au cours duquel les forces armées et civiles ont rendu hommage à leur nouvelle Présidente.
Les Guyanais étaient nombreux à avoir été invités. Sans être exhaustif, on peut citer le Préfet de Guyane, le général commandant les FAG, Sophie Charles, maire de Saint-Laurent, ainsi que de nombreux élus de la CTG. Leur présence témoigne de la volonté de poursuivre, pour la Guyane comme pour le Suriname, une politique bilatérale de dialogue et de coopération. À ce titre, on nous a signalé la tenue vers octobre d’un nouveau Conseil du Fleuve pour évoquer les sujets urgents, tant en matière de gestion de la frontière que de développement économique. En raison du calendrier électoral surinamais, ledit Conseil n’avait pu se tenir en juillet.
Demain, les écoles auront-elles du mobilier neuf ? Demain, les infirmières cesseront-elles de chercher une meilleure vie ailleurs ? Demain, les cratères des routes seront-ils bouchés ? La réponse est non, à toutes ces questions. Il n’y a pas d’argent dans les caisses, et Jennifer Simons ne dispose pas de baguette magique. Ses priorités sont la stabilisation budgétaire, la lutte contre la corruption endémique et la préparation de l’ère pétrolière. Elle et son gouvernement ont un travail titanesque à mener pour redresser le pays. Le peuple, économiquement frustré, nourrit de grandes attentes quant à l’amélioration de son quotidien. La question qui se pose, ce matin, sur toutes les lèvres au Suriname est : comment va-t-elle faire ?
Le pays aura besoin d’alliés extérieurs, c’est incontournable. La responsabilité repose désormais sur les épaules de celles et ceux qui endossent le rôle de partenaires du Suriname. Leur détermination dessinera les contours de l’avenir géopolitique du plateau des Guyanes.

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