Haïti fixe ses élections pour 2026 sous la menace des gangs
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Haïti fixe ses élections pour 2026 sous la menace des gangs

Eric GERNEZ
Des policiers patrouillent dans le quartier de Kenscoff à Port-au-Prince, en Haïti, le vendredi 17 octobre 2025. Copyright © africanews
Des policiers patrouillent dans le quartier de Kenscoff à Port-au-Prince, en Haïti, le vendredi 17 octobre 2025. Copyright © africanews

Cinq ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, qui a plongé le pays dans le chaos, un calendrier électoral est annoncé. Son issue, prévue en décembre 2026, ambitionne de ramener le pays vers une forme de stabilité

En proie à la dictature des gangs, Haïti n’en finit plus d’avancer sur son chemin de croix. Le pouvoir légitime est désarmé devant la crise économique, le pouvoir des gangs et la corruption institutionnalisée, qui génèrent l’anarchie.
La communauté internationale, dans un sursaut d’intérêt, promet une force d’intervention et appelle à des élections.

Premier tour le 30 août 2026

Le premier tour des élections législatives et présidentielles sont fixées au 30 août 2026, a constaté le journal Le Nouvelliste dans le calendrier électoral établi par le Comité de Transition. Si ces élections suivent leur déroulement, elles interviendront après dix ans sans processus électoral régulier. Le schéma électoral propose un second tour pour le 6 décembre 2026 et prévoit la prise de pouvoir des nouvelles autorités le 20 janvier 2027. Selon le nouveau calendrier, la campagne électorale aura lieu du 15 mars au 29 août 2026. Si la nouvelle est bien accueillie, on ne peut négliger le risque d’augmentation des troubles lés à la période de la campagne électorale.

La pression des gangs redoutée

Le G9 de Jimmy Chérizier et le gang ‘’400 Mawoso’’ s’affrontent dans une lutte de pouvoir et sont lourdement armés. Ce lundi, Barbecue (Jimmy Chérizier) appelle la population à rester cloîtrée pour éviter les dommages collatéraux de l’affrontement qu’il annonce contre la bande rivale.

Les intérêts des gangs sont si imbriqués dans le tissu économique de l’île qu’on imagine mal les élections se dérouler sans une lutte d’influence, où ces gangs joueront le rôle de bras armé.

Afin de pacifier le pays, face aux gangs, une Force d’élimination des gangs (GSF), a été autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU. Elle disposera d’un contingent pouvant compter jusqu’à 5.500 soldats et d’un mandat initial de douze mois.

Le contingent de pacification va être confronté aux puissants gangs locaux. La période électorale, qui s’ouvrira bientôt, va exacerber la lutte pour les enjeux de pouvoir. Derrière la violence, se cachent des intérêts puissants. Le processus électoral pourra se dérouler s’il ne met pas en danger les profits de ceux à qui profite le crime se déroulant sous nos yeux.

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