3 questions à : Dj Amaï, spécialiste de l'amapiano
Qu’est-ce qui caractérise l’amapiano ?
L’amapiano vient d’Afrique du Sud donc il y a beaucoup de percussions. Mais c’est surtout les basses, les log drum, qui sont vraiment la particularité de l’amapiano. C’est une musique très enveloppante, qui transporte et qui peut véhiculer différentes émotions. Il y a quelque chose de très envoûtant dans ses sonorités. Le private school, un sous-genre de l’amapiano, pousse encore plus loin cet aspect : c’est plus mélodique, avec davantage de voix et de refrains.
Quelles sont vos références amapiano?
À la base, l’amapiano est très lié à la danse : ça part souvent d’un mouvement, d’un pas, et la musique se construit autour de cette énergie. C’est une musique qui se vit vraiment. L’amapiano est d’ailleurs souvent créé par les DJs eux-mêmes, avec plusieurs compositeurs et des chanteurs qui viennent ensuite poser leur voix.
Mes références sont notamment Mathorisa, Uncle Waffles ou Chelsea Sloan, qui viennent de la scène sud-africaine. Il y a aussi tout un univers afrohouse et 3step qui m’a beaucoup influencée.
Quel rôle le DJ peut-il jouer pour faire découvrir l’amapiano ?
Le DJ a aussi un rôle d’éducation musicale. L’amapiano prend du temps à s’installer en dehors de l’Afrique du sud, donc mon objectif est de provoquer la découverte. Je passe notamment par les edits : je travaille par exemple sur « Bad Boy » d’Aya Nakamura, en posant sa voix sur une instru private school. J’avais déjà fait la même chose avec « Apologize ». C’est 6 à 8 heures de travail pour un morceau.
Ça vaut le coup, ça permet d’interpeller le public avec quelque chose qu’il connaît. Il y a aussi des sonorités de percussions africaines qu’on peut retrouver dans les musiques des Outre-mer. Il faut tendre l’oreille : certaines sonorités nous sont déjà familières.

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