Derniers coups de rames avant le départ des bateaux
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Derniers coups de rames avant le départ des bateaux

Damien LANSADE / Photos : Jody AMIET

Les exercices de sécurité se succèdent, sous le regard professionel de Fred Lachot. Chaque concurent doit vivre l'expérience de se retrouver à l'envers, à l'intérieur de son embarcation (JA) © (photos : J.A)

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Olivier Bernard, président de l'association Ramesguyane.org, fera aussi partie des six concurents Guyanais à traverser l'atlantique.

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Vendredi, aux îles du Salut, les six concurrents guyanais de Rames Guyane ont suivi un stage obligatoire de formation à la sécurité, avant le départ de leurs bateaux pour Le Havre, lundi. Les skippers ne retrouveront leurs embarcations que dans deux mois, pour le prologue de la course, en présence des douze autres concurrents venus de France métropolitaine, du Maroc et d'Espagne.

Dans l'eau, Cariacouboto III est renversé sur le dos. Le bateau remue de droite à gauche, sans parvenir à se rétablir. À l'intérieur, Harry Culas, son skipper, met en pratique la technique dite « du hamster » , en courant sur les murs de l'habitacle pour faire rouler le bateau sur le flanc. Depuis le pont du catamaran Guyavoile, Frédéric Lachot dirige la manoeuvre de retournement avec sa radio VHF. « Encore un petit effort, laisse le rouler... » Harry Culas souffle dans la VHF, sans répondre.
Dans la baie de l'île Royale, la mer plate ne facilite pas la manoeuvre. Malgré les encouragements du capitaine, Cariacouboto III ne parvient à se rétablir qu'avec le soutien d'Olivier Ducap, un autre skipper qui nageait autour du bateau.
COURAGEUX MAIS PAS INCONSCIENTS
Pendant la course, une fois au milieu de l'océan, grâce au mouvement de la houle qui accompagne le balancement du bateau, le retournement ne devrait pas poser de problème. Les skippers connaissent maintenant la méthode à appliquer. Sinon, ne restera plus qu'à ouvrir le hublot pour sortir de l'habitacle, quitte à laisser rentrer un peu d'eau.
Le retournement est la dernière étape d'une série d'entraînements de sécurité obligatoires pour tous les concurrents de Rames Guyane. Les skippers sont pour la plupart amateurs. Une traversée de 4 700 kilomètres à la rame ne s'improvise pas.
Durant les deux jours précédents, les concurrents guyanais se sont essayés à tenir un cap, de jour comme de nuit, à manoeuvrer dans des conditions extrêmes, à apprendre les règles de survie en mer. La veille, Frédéric Lachot, qui dirige l'entraînement, les a lâchés au large de l'Îlet le Père, par couple, dans une bouée, pour ne revenir les chercher que deux heures plus tard. Pendant ce temps, les douze autres concurrents ont suivi le même entraînement dans la baie de Quiberon, en Bretagne.
LES PETITS BATEAUX DANS LES GROS
Lundi, à l'issue du stage de sécurité, les six bateaux des concurrents guyanais ont embarqué à bord d'un porte container de la CMA CGM, en direction du port du Havre. Avec un sérieux noeud au ventre, les skippers ont regardé leur bateau s'entasser deux par deux dans leurs containers, posés sur des pneus, calés pour éviter les chocs.
En supposant que les bateaux arrivent tous entiers à destination, plus rien ne pourra empêcher les six concurrents guyanais de se trouver sur le départ, au Havre, du 2 au 7 septembre, pour le prologue officiel de la course.
Le grand départ de la transatlantique aura lieu un mois plus tard, le 18 octobre, depuis Dakar, pour une arrivée prévue 40 à 60 jours plus tard entre Kourou et les îles du Salut.
 
 
Une 4e édition sauvée de justesse

Après la troisième édition de Rames Guyane, en 2012, l'association 54 West, qui organisait jusque-là la course, a déposé le bilan. Sans le secours de quelques passionnés, l'édition de cette année aurait pu ne jamais avoir lieu.

Olivier Bernard le dit sans détour, Ramesguyane.org n'est pas une association rentable. En assurant la présidence de l'organisation, ce chef d'entreprise passionné de navigation ne recherche ni la gloire, ni la fortune. « Mais je refuse que la course disparaisse. C'est un coup de projecteur exceptionnel sur la Guyane. Le potentiel médiatique est énorme. Rames Guyane pourrait devenir l'équivalent de la Route du rhum en Guadeloupe. »

Depuis les débuts de Rames Guyane, Olivier Bernard contribue à faire vivre la course. Lors de la première édition, en 2006, l'une de ses entreprises sponsorise Jean-Pierre Lasalarié. En 2011, Olivier Bernard achète un bateau dans l'objectif de prendre le départ, avant de se rétracter, faute de disponibilités. Son bateau emportera finalement Pierre Verdu. Pour la quatrième édition, Olivier Bernard est le premier concurrent à s'inscrire.
AMOUREUX DE LONGUE DATE
Mais après la troisième édition, l'association 54 West, trop endettée, annonce qu'elle ne sera pas en mesure d'organiser une nouvelle course. Olivier Bernard est alors contacté par Denis Burlot, conseiller régional et propriétaire du magasin Nautic Auto Caraïbes à Kourou, qui lui propose de sauver Rames Guyane.

Dans le courant de l'année 2014, Olivier Bernard prend la présidence de l'association, divise le budget de la course par deux, embauche l'ancien président de 54 West, une trésorière, et décide de maintenir la quatrième édition.

Aujourd'hui, celui que les autres skippers appellent ironiquement « Président » ne se contente pas de diriger l'organisation. Le 18 octobre, il sera sur la ligne de départ avec les autres skippers, pour réaliser un vieux rêve, « pour partir en croisière » .
 
 


• (photos : J.A)
Olivier Bernard, président de l'association Ramesguyane.org, fera aussi partie des six concurents Guyanais à traverser l'atlantique.
Olivier Bernard, président de l'association Ramesguyane.org, fera aussi partie des six concurents Guyanais à traverser l'atlantique.
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