Les 12 candidats aux postes de sauveteurs gonflent les muscles devant le jet-ski du Sdis. 10 d'entre eux seront choisis pour surveiller les plages à l'issue de l'entraînement d'hier et d'aujourd'hui (DL)
Depuis hier matin, sur la plage de Montabo, à Cayenne, 12 candidats au poste de surveillant de baignade s'entraînent au sauvetage en mer avec les pompiers du Sdis. Samedi, 10 d'entre eux prendront leur fonction pour les deux mois de vacances.
En bas de la plage, les candidats ne sont pas trop de 12 pour porter le jet-ski du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis). Tous sont titulaires d'un brevet de sauvetage mais, pour la plupart, la remontée de jet-ski est une première.
PLUS DE TRENTE INTERVENTIONS L'AN PASSÉ
Heureusement, la plupart du temps, le travail de sauveteur est plus reposant. Il s'agit surtout d'ouvrir l'oeil, et le bon. L'année dernière, sur la plage de Montabo, l'équipe a totalisé une trentaine d'interventions sur les deux mois de vacances, dont une dizaine de sauvetages en mer.
Le reste des interventions consiste la plupart du temps à réparer les foulures ou désinfecter les égratignures.
L'adjudant Jean Niama, conseiller départemental en sauvetage aquatique, est responsable de la formation. Pendant deux jours, les candidats alternent cours théorique et mise en pratique sur le terrain. Après la mise à l'eau et la remontée de jet-ski hier, les futurs surveillants de baignade se jetteront aujourd'hui à l'eau pour la partie sauvetage. Au programme : nage avec mannequin plombé, tests de rapidité et d'endurance, en vue de la sélection qui choisira les 10 meilleurs candidats parmi les 12 inscrits.
LA SEULE PLAGE SURVEILLÉE DE GUYANE ?
Cette année encore, la mairie de Cayenne se présente comme la seule de Guyane à organiser la surveillance de ses baigneurs. L'adjointe au maire de Kourou, Isabelle Niveau, a indiqué qu'un dispositif de surveillance devrait également être mis en place à la Cocoteraie.
Pour Cayenne, le dispositif (1) se limite comme d'habitude à la plage du chemin Saint-Hilaire, la plus fréquentée. La plage de la pointe Buzaré, par exemple, récemment sortie de la mangrove qui la recouvrait ces dernières années, ne bénéficiera d'aucun dispositif de surveillance.
PRÈS DE 55 000 EUROS DE SALAIRES
Le budget est le principal frein avancé par la mairie face à la non mise en place de baignades surveillées. Jean-Paul Ferreira, maire d'Awala-Yalimapo - plage la plus fréquentée de l'Ouest - explique. « On a ni les moyens financiers, ni les ressources humaines pour. De toute façon c'est très rare les noyades. Quand on en rencontre, c'est souvent des orpailleurs clandestins dont les pirogues coulent sur le Maroni. » Une version confirmée par Laurent Magloire, sapeur-pompier à Saint-Laurent.
Pour ces grandes vacances, la mairie de Cayenne déboursera 54 632 euros, simplement pour payer les salaires de ses 10 surveillants de baignade. Le prix des infrastructures temporaires en préfabriqué, et des raccordements aux systèmes en eau et électricité, n'a pas été communiqué.
Pourtant, face aux quatre victimes de noyade depuis le début de l'année, la somme paraît bien dérisoire. Après s'être rendue aux obsèques du jeune adolescent mort noyé le 15 juin, la maire de Cayenne, Marie-Laure Phinéra-Horth, affirme réfléchir à étendre le dispositif à d'autres mois de l'année, au moins pendant les périodes de vacances scolaires et les week-ends. Peut-être.
(1) Du lundi au vendredi de 11 h à 18 h 30 et le week-end de 14 h à 19 h en juillet et août.
Animations sur les plages
Le week-end du 26 juillet, la plage de Montabo accueillera le Cayenne beach village 2014. De 9 heures à 18 heures, la manifestation prévoit des tournois de beach-soccer, de sandball et de beach-volley, des animations musicales et des opérations de sensibilisation aux stands des associations Kwata, pour la protection des tortues, ou Mouché déboulé, pour la prévention de l'alcoolisme. Du côté de Kourou, les services assurent que des animations sportives et culturelles rythmeront la plage de la Cocoteraie tout au long des vacances. À Awala, des animations auront également lieu, tous les week-ends.
Les plannings de ces manifestations, encore en cours d'élaboration, seront diffusés dans nos prochaines éditions.
SON AVIS : Patrick Césaire, plongeur et sauveteur, actuellement directeur de la piscine de Sinnamary ; chef de poste à Rémire-Montjoly 1998 et 2002
Le sauveteur a un rôle essentiel c'est évident. On critique les communes mais il faut savoir qu'il y a un cadre législatif. C'est lorsqu'une plage est fréquentée par plus de 3 000 personnes par jour qu'elles ont l'obligation d'assurer la sécurité des baigneurs. Je comprends les municipalités, qui sont endettées... Mais je crois aussi que certaines auraient pu instaurer une sorte de demi-surveillance. Un genre de patrouilles régulières. Un gendarme, un pompier ou un policier municipal... Avec la départementalisation ça reste à définir. Et pas seulement les week-ends! On sait très bien que beaucoup de jeunes font l'école buissonnière et vont « siroter » à la plage... C'est souvent comme ça qu'on a connu les plus grands drames de noyades.
(Damien Lansade)
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