Violences faites aux femmes en Guyane : les chiffres ne diminuent pas
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Violences faites aux femmes en Guyane : les chiffres ne diminuent pas

Nahomie PERIGNY
En 2024, l'AGAV a accueilli 1 260 femmes, dont 1 034 étaient victimes de violences intrafamiliales (VIF).
En 2024, l'AGAV a accueilli 1 260 femmes, dont 1 034 étaient victimes de violences intrafamiliales (VIF). • SHUTTERSTOCK

En 2024, l'Agav a accueilli 1260 femmes, dont 1034 étaient victimes de violences intrafamiliales

Marina* franchit la porte de l'Association guyanaise d'aide aux victimes (Agav) en janvier 2024, rue Madame Payé, à Cayenne. Séquestrée et affamée, elle a subi des violences sexuelles, physiques et psychologiques. 

Consciente de certaines violences subies, Marina ne mesure pleinement leur gravité qu'après avoir échangé avec Clarrise Boissery, juriste coordinatrice de l'association : "  Elle minimisait ce qu'elle avait vécu, elle n'était pas prête à déposer plainte. Il y avait une forme d'emprise et d'empathie envers la famille de l'auteur et l'auteur lui-même.  "

 

C'est à ce moment qu'on lui propose l'option de l'ordonnance de protection. " Celle-ci n'est pas un outil pénal, donc même sans plainte, elle peut être demandée, et l'auteur n'encourt aucune conséquence pénale. Cela permet à la victime de prendre le temps de réfléchir à la suite. " Grâce à cette ordonnance, les charges et les loyers sont attribués à l'auteur, des interdictions de contact et de paraître lui sont imposées, et il doit verser une pension à la mère.

1 034 victimes recensées

De son côté, Marina a pu être accompagnée dans ses démarches administratives par l'association. "  Elle a bénéficié d'un suivi psychologique et a participé à des ateliers de reconstruction ", précise la juriste.

Aujourd'hui, Marina est sur le chemin de la guérison : " Son suivi intensif et régulier s'est terminé en janvier. "

L'Agav a accueilli 1 260 femmes, dont 1 034 étaient victimes de violences intrafamiliales (VIF) en 2024. Selon Clarisse Boissery, " les chiffres restent malheureusement stables, sans réelle baisse. "

La juriste souligne que " cela peut toucher n'importe qui ". Les violences sont générales. Il existe plusieurs facteurs qui empêchent encore les femmes de franchir le pas : " une situation administrative irrégulière, la barrière de la langue, et tous les autres facteurs de vulnérabilité, " selon la juriste.

Le 8 mars doit être tous les jours "

Au-delà des obstacles individuels, la juriste souligne l'influence des contextes communautaires : " On constate la banalisation de certaines violences dans certaines communautés. La logique de la communauté prime sur l'individu : pression familiale et dépendance affective ".

Consciente de l'impact symbolique de la Journée internationale des droits des femmes, la juriste précise : " C'est bien d'avoir une journée dédiée, mais notre action ne s'arrête pas au 8 mars.  "

Elle souligne les difficultés locales : "  En Guyane, l'hébergement des victimes reste limitéUne petite baisse a été constatée en 2025 concernant les financements de l'État mais nous sommes tout de même bien soutenus. Toutefois, il existe un décalage entre les ressources dont disposent les associations et l'ampleur des besoins constatés sur le territoire. "

Plusieurs structures comme l'Arbre Fromager, Kaz Plurielles ou le 115 permettent d'accompagner les victimes tout au long du processus. Parallèlement, les auteurs de violences peuvent bénéficier d'un suivi au Centre de prise en charge des auteurs de violences.

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