Thierry Gressieux nous parle de frontières
Le 25 mars dernier, Thierry Gressieux a décroché dans la catégorie adulte, la première place du prix Serge Patient organisé par la CTG. Pour cette seconde édition, le thème était : frontières.
Ce n'est pas un inconnu du paysage culturel guyanais. Ancien journaliste, Thierry Gressieux est également poète à ses heures perdues. Son travail vient d'ailleurs d'être primé par dans un concours de poésie organisé par la Collectivité territoriale de Guyane (CTG). L'ami des mots a tout simplement remporté le premier prix (dans la catégorie adulte) du prix Serge Patient. Un événement organisé dans le cadre du Printemps des poètes.
Son texte titré, Des lignes imaginaires, évoque l'immigration et plus globalement, les frontières qui existent et qui parfois séparent les hommes.
" J'ai décidé de participer à ce concours, car le thème frontière m'inspirait ", explique dit Thierry Gressieux qui commence l'écriture dès son adolescence.
" Jai commencé à écrire des poèmes au collège, après j'ai arrêté pendant longtemps. En 2012, par le biais de l'association SCTO (Sport complex touring organization) j'ai recommencé à écrire des textes. Il y avait 46 participants et je ne pensais pas gagner, mais finalement si et j'en suis très content ".
De Cayenne à la Normandie
En matière de concours, Thierry Gressieux n'en est pas à son coup d'essai.
" Quelques jours avant la remise des prix à la CTG, j'ai reçu un mail me disant que mon poème a également remporté le premier prix dans une bibliothèque à Tordouet [Normandie], à qui j'avais envoyé mon texte par internet. C'est une belle surprise ", conclut le poète.
Des lignes imaginaires, par Thierry Gressieux
On les connaît depuis l'enfance,
C'est ce que l'enseignant dispense.
Des tracés autour d'une boule ronde
Que les savants nomment mappemonde.
Si ces tracés vraiment existaient,
Les satellites, repérés les auraient.
Le poisson qui frétille insouciant sous les eaux
N'a pas idée des lignes de partage de ces eaux
Et sa progéniture éclose dans tel ou tel port
Parcourra le monde entier sans passeport.
C'est l'homme qui s'est imposé des limites
Mais jamais dans l'histoire la nature ne l'imite.
Par myriades les oiseaux se jouent des frontières du Nord au Sud
Au désarroi des forteresses des États du Pôle Nord au Pôle Sud.
En passant une frontière on ne tombera jamais sur un Martien
Mais sur d'autres êtres humains au physique comme le sien.
À chacun d'entre nous d'aller au-delà de toute ligne imaginaire
Pour rendre beaucoup plus agréable ainsi notre séjour sur Terre.
Il n'y a pas de frontière que la tolérance ne peut abolir,
C'est ainsi que nous nous garantirons un bel avenir.
Il n'y a pas d'étrangers sur Terre, juste des voisins.
Qui nous empêchera alors de nous serrer la main ?
Ce sont les gouvernements nos plus grands tortionnaires,
Ils nous enferment d'autorité dans ces lignes imaginaires.

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