À la Chambre de commerce, on avait installé le drapeau guyanais dès vendredi en signe de ralliement à la manifestation de samedi (KA)
Samedi, plusieurs dizaines de personnes ont assisté à la première journée drapeau organisée au Jardin botanique. Le but de cette manifestation était de rassembler les différentes composantes de la population guyanaise.
Depuis vendredi, certaines institutions comme la Chambre de commerce l'avaient mis en avant, en lieu et place du drapeau national ou européen. Le drapeau guyanais, vert et jaune avec son étoile rouge, était mis à l'honorer samedi matin à l'occasion d'une journée du drapeau. « Nous voulons montrer que nous sommes tous Guyanais et que nous avons ce drapeau qui nous unit » , explique Jean-Claude Ringuet, membre de l'organisation. C'est le comité drapeau, présidé par David Donzenac qui est à l'origine de cette manifestation dont le but était de rassembler autour de cet étendard et mais aussi faire sa promotion.
« UN SYSTÈME QUI NOUS TIRE EN ARRIÈRE »
Mais au-delà, David Donzenac a voulu insuffler un aspect politique à cette manifestation qui permettait de mettre le drapeau guyanais « face à un système qui nous tire en arrière » . Le président de ce comité, né au lendemain des blocages de 2008 contre le prix à la pompe, ne mâche pas ses mots : « Nous sommes le dernier pays sous colonisation » . Il se félicite néanmoins de la présence de plusieurs maires et des présidents de collectivité majeure. Sans oublier les délégations hmong, noir-marron et des amérindienne. « L'ensemble des peuples guyanais » , reprend Jean-Claude Ringuet qui a oeuvré pour que cette journée soit une réussite.
PRISE DE CONSCIENCE DE LA CLASSE POLITIQUE
De son côté, David Donzenac évoque une prise de conscience notamment de la classe politique. « Cela ne veut pas dire nous allons faire la révolution » , tempère-t-il, même s'il confirme que la volonté du Comité drapeau est de permettre à la Guyane « d'être libre comme le Suriname. On n'ira pas jusqu'à tuer des gens » , rassure-t-il. Le président rappelle qu'au-delà des années 70, il existait un fort sentiment guyanais et une forte mobilisation qui ont depuis disparu. Et l'unité tant évoquée ne semble pas totalement acquise. Samedi après-midi, le président de Région, Rodolphe Alexandre, sur son compte Twitter s'est démarqué des différents discours : « Oui à un drapeau guyanais, mais un drapeau choisi par l'ensemble de la population dans le cadre d'une concertation » . Pour mémoire, ce qu'on appelle aujourd'hui le drapeau guyanais a été créé à Paris par des étudiants à la fin des années soixante. Il a, par la suite, été adopté par l'Union des travailleurs guyanais dirigée alors par Turenne Radamonthe.
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