Mobilisation de l'UTG : pour Yannick Xavier, " plus qu'une marche, un devoir de mémoire "
Après d'une heure de marche, les manifestants se sont retrouvés au local de l'UTG pour prolonger ce moment par un temps d'échange et un déjeuner collectif
Une soixantaine de manifestants ont rejoint la marche organisée par l'Union des Travailleurs Guyanais (UTG), dans les rues de Cayenne à l'occasion de la commémoration du 1er mai. Le rendez-vous était fixé dès 7h30 devant le local de l'UTG.
" C'est plus qu'une simple marche, c'est un devoir de mémoire et de respect. Moun mouri pou sa briga ", entame Yannick Xavier, secrétaire général du syndicat. " C'est grâce à cette lutte que l'on a acquis la journée de 8 heures, les RTT, les congés, etc. "
Une marche rythmée et populaire
Sous un soleil de plomb, les manifestants ont sillonné plusieurs quartiers populaires de Cayenne : La Rénovation, Mirza, Médan, entre autres, accompagnés par les rythmes du groupe Ijakata.
Une présence musicale voulue par sa présidente, Rosa Gilbert : " C'est une journée qui doit être marquée, mais aussi un moment pour faire remonter nos revendications. On ne veut pas qu'on nous enlève cette journée. On est venus pour donner de la force. "
Des revendications toujours d'actualité
Parmi les manifestants, des militants de Sud Éducation, du Snes ou encore de Lutte ouvrière ont répondu présents. Pour Sébastien Caugant, militant de Lutte ouvrière, cette mobilisation est essentielle :
" C'est la journée des luttes des travailleurs. Elle n'a pas toujours été fériée dans l'histoire : il a fallu se battre pour défendre ces droits, et cette lutte s'est terminée dans le sang. On le fait aussi pour eux. "
Au-delà de l'hommage, les revendications restent nombreuses : " C'est aussi une journée où l'on doit réclamer des augmentations de salaire, prendre sur les bénéfices des compagnies pétrolières qui s'engraissent sur notre dos avec la hausse des prix, et dénoncer les guerres dans d'autres pays. "
Transmettre aux générations futures
Pour Yannick Xavier, cette journée est surtout un moment de transmission : " On se doit de maintenir cette mobilisation pour qu'elle dure dans le temps et qu'on puisse la transmettre aux générations suivantes. "
Une vision partagée par Fabien Canavy, secrétaire général du Mouvement de Décolonisation et d'Émancipation Sociale (MDES), présent lors de cette mobilisation :
" Les rapports sociaux sont faits de résistance. Ce que nous vivons aujourd'hui, avec cette volonté de supprimer le 1er mai alors qu'il a été acquis après une longue lutte, montre que nous ne devons jamais baisser la garde. Il est important que la jeune génération se sente concernée. "
Dans cette logique de transmission et de vigilance portée par les anciens, la relève semble déjà se dessiner au sein du cortège.
Parmi les participants, Linway, une enfant d'une dizaine d'années, est venue accompagner son père, membre de l'UTG. Elle partage déjà cette conscience :
" Quand je serai plus grande, je sais que ça représentera quelque chose d'important pour moi. Marcher avec les travailleurs, même si je ne travaille pas encore, me permet de comprendre cette cause à défendre pour plus tard. "
Une mobilisation conviviale et engagée
À pied, à vélo, en voiture ou même en hoverboard, chacun a participé à sa manière. Attirés par le son du chacha, des tambours, de la contrebasse et par la voix de Yannick Xavier rappelant l'importance de cette journée, les habitants des différents quartiers sont venus observer et parfois rejoindre le cortège.
Après près d'une heure de marche, les manifestants se sont retrouvés au local de l'UTG pour prolonger ce moment par un temps d'échange et un déjeuner collectif.

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