Logements sociaux : la fin du HLM "à vie"
En Guyane, seules seize demandes d'attribution d'un logement social sur 100 sont satisfaites en moyenne. Rareté de l'offre, habitat privé trop cher, difficulté d'accession à la propriété : la mobilité dans le parc HLM est en berne. Le 6 mai, le gouvernement a présenté un projet de loi pour tenter d'en finir avec ce phénomène.
Un logement social n'est pas « à vie ». C'est peu ou prou le message du ministre du Logement Guillaume Kasbarian qui a déposé son projet de loi relatif au développement de l'offre de logements abordables sur le bureau du Sénat le 6 mai dernier. Afin de « renforcer la mobilité dans le parc HLM », le texte revoit le droit au maintien des locataires dans le parc social. Ce qui a provoqué un tollé chez les bailleurs sociaux (lire ci-contre).
La Guyane apparaît particulièrement concernée : alors que plus de 70 % de la population serait éligible à un logement social, seuls 16 % des demandes étaient acceptés en 2021. Un chiffre « très certainement surévalué », d'après Alain Chrétien-Ho-A-Kwie : « Beaucoup font une demande une seule fois et ne recommencent pas après refus. Or, la demande est à renouveler chaque année », explique le président de la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie). Le temps d'attente moyen pour accéder à un logement social est long, autour de 16 mois ces dernières années, « malgré des améliorations constantes du processus d'attribution », rapporte Juliette Guirado, directrice de l'Agence d'Urbanisme et de Développement de la Guyane (AudeG).
Un besoin criant
Du fait de la croissance démographique et du solde migratoire positif de la Guyane, les besoins en logement y sont trois fois supérieurs à la Martinique ou la Guadeloupe. En 2017, l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) et la DGTM (Direction Générale des Territoires et de la Mer) estimaient qu'il fallait construire (ou réhabiliter) 4 400 à 5 200 logements par an jusqu'en 2040, sociaux comme privés.
D'après Jean-Jacques Stauch, directeur général de la Simko (Société Immobilière de Kourou) & Siguy (Société immobilière de la Guyane), entre 1 700 et 2 000...

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