Le Suriname en baisse sur l'indice de liberté de la presse
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
SOCIETE

Le Suriname en baisse sur l'indice de liberté de la presse

Eric GERNEZ
Le Suriname et la Guyane (indice France) perdent tout deux quatre places sur le classement, mais restent les pays les mieux classés en Amérique du Sud.
Le Suriname et la Guyane (indice France) perdent tout deux quatre places sur le classement, mais restent les pays les mieux classés en Amérique du Sud. • RSF

Le Suriname descend de la 28e à la 32e place sur l'indice de Reporters sans frontières. Si, globalement, la situation reste bonne, le Syndicat des journalistes surinamais alerte sur une dégradation et argumente.

"La liberté de la presse n'est pas un luxe, mais un pilier fondamental de notre démocratie". C'est en ces termes que le syndicat des journalistes définit la situation de la liberté de la presse, et avec elle, d'opinions, au Suriname.

Bon score régional du Suriname

La situation du Suriname est bonne, selon le dernier indice de Reporters sans Frontières (RSF), publié cette semaine. À la 32e place sur 180 pays, le commentaire de RSF est : ‘'Avec peu d'attaques dirigées contre les journalistes et un paysage médiatique varié, le Suriname affiche un bon score en matière de liberté de l'information''. Comparée à celle de ses proches voisins, la place du Suriname serait même enviable : Guyana 73e place (en amélioration) ; Brésil 62e place (en amélioration) et Guyane 25e place (indice France, en recul de quatre places). Dans notre cercle géographique proche, les scores les plus détestables en termes de liberté de la presse vont au tiercé gagnant : Nicaragua (172), Cuba (165) et Venezuela (160).

Vigilance face à la dégradation

Si le score du Suriname est enviable, l'indice est tout de même passé de 28 à 32. La société des journalistes a dénoncé, dans un communiqué, des faits récents qui doivent tenir en alerte, soulignons les principaux événements cités :

  • Mars 2025, le téléphone de l'ancien président du syndicat des journalistes a été confisqué par un agent du bureau de la vice-présidence.
  • Censure du gouvernement : En 2024, le président Santokhi a sommé la librairie VACO et le quotidien De Ware Tijd de retirer des publications, sans décision judiciaire. De tels actes portent atteinte à la liberté d'expression.
  • Attaques physiques et numériques : Des médias tels que, Suriname Herald, SUN News, ABC et Rasonic TV, sont devenus la cible de cyber-attaques organisées.

La législation vague sur la "diffamation du gouvernement", qui prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu'à sept ans, est considérée comme problématique par les experts de la liberté de la presse. Ce cadre pourrait se transformer en outil de répression dans des mains mal intentionnées.

Autour de la liberté de la presse, le syndicat dénonce la situation économique des journalistes qui est un frein à son épanouissement : ‘'Les bas salaires et la nécessité de se débrouiller sapent l'indépendance et l'éthique de la profession''. Cela met en lumière qu'au Suriname, comme ailleurs, acheter la presse, papier ou électronique, est le meilleur moyen de défendre sa liberté.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger