Lé Fouben à l'assaut de la Guyane !
Originaire de Martinique, le trio d'humoristes est en tournée en Guyane. Sur scène, ils revisitent les triangles amoureux façon créole. Interview déjantée avec Kazo (Jacques-André Montabord), son épouse Fanny (Dominique Domergé) et sa maîtresse Sarah (Jessica Gustan).
Bienvenue en Guyane ! C'est votre deuxième fois ici avec Lé Fouben, mais vous, Kazo, vous connaissez bien le territoire, n'est-ce pas ?
Kazo : J'ai connu la Guyane avec d'autres troupes. Mon premier spectacle à l'extérieur, c'était en Guyane. Au Zéphyr, alors qu'il n'était pas encore modernisé comme ça. J'ai connu l'ancien Zéphyr. Et maintenant, je reviens avec mon propre groupe, Lé Fouben que j'ai créé en 2009. J'ai fait appel à Fanny et après à Sarah. Et ça fonctionne, Dieu merci !
Quelle est la recette de votre succès ?
Kazo : Explique Fanny, sinon on va dire que j'ai la grosse tête.
Fanny : Tu as la grosse tête, il faut le dire [rires] ! Contrairement à d'autres trios que l'on peut trouver sur la scène martiniquaise ou la scène du stand-up, nous sommes une troupe qui entre dans le quotidien des gens. C'est-à-dire qu'après pratiquement tous les sketchs que l'on fait, au moins une personne qui nous connaît nous dit : zot fè sketch ta la sé ba mwen ! Les gens se sentent concernés par ce que l'on fait. C'est typiquement antillais et ça fonctionne.
Sarah : Pourquoi ça marche ? Parce que dans la vraie vie, dans le quotidien, un homme a toujours deux, trois femmes, surtout aux Antilles. Mais pas qu'aux Antilles, c'est international. Ça fait le succès des Fouben. Avant nous, peut-être que les maîtresses étaient un peu gênées, avaient un peu honte d'avoir la seconde place. Mais depuis, ça a changé, elles assument leur deuxième place. Il faut dire que la deuxième place, c'est la meilleure ! Moins de boulot, les voyages, les sorties... Et c'est la femme à la maison qui fait la vaisselle, le ménage...
Fanny : Eh, pas Fanny par contre, désolée !
Kazo : La troupe a été créée le 22 mai 2009. Chez nous, c'est la date de l'abolition de l'esclavage. Avant, quand on faisait rire, il fallait dire " le poule ", " la mouton ", faire des gestes, des trucs absurdes. J'ai aboli tout ça. Quand j'écris, je fais des situations du quotidien, les gens s'y retrouvent. J'ai mis la réalité. J'ai une femme, j'ai une maîtresse qui a deux enfants, qui aime l'argent, les faux-cheveux, les sourcils...
Quelle est la différence entre Kazo et Jacques-André Montabord ?
Kazo : Kazo, ce n'est pas quelqu'un de bien ! Il a deux femmes, alors que Jacques-André Montabord, je suis bien, je suis fidèle, je ne fréquente qu'une seule femme, toujours la même. Je mets la vie des autres en scène, mais ce n'est pas ma vie, hein ! C'est une fiction, c'est la vie de mes amis.
Fanny : Kazo et Jacques-André... C'est un petit proche de la réalité quand même [rires] Ah mwen ka mété zafè'w déwo !
Kazo : Ki sa ou ka di la ? [Il prend le micro des mains de Fanny et le tend à Sarah] Dis quelque chose de bien ! Dis que je suis bien.
Sarah : Alors là, je ne mentirai pas... Il a mis en scène sa vie !
Kazo : N'importe quoi ! Demain soir, on est à Cayenne, au Zéphyr les gars, et c'est de la fiction. Et ensuite à Sinnamary, au Sinnaryouz. Vous allez rire, on en a bien besoin en ce moment. Chez nous, c'est rouge, rouge, rouge, c'est la vie chère. Ralliez-vous à nous, venez rire, venez vous détendre.
Justement, est-ce que vous parlez de l'actualité dans vos sketchs ?
Kazo : Oui bien-sûr, mais on est là pour faire rire, je ne suis pas là pour prendre position et dire que ça, c'est bon, ça ce n'est pas bon.
Sarah : On fait passer des messages, mais avec humour.
Fanny : Quel que soit le fait d'actualité, même si on ne peut pas prendre position ouvertement, chaque fois que nous avons des sketchs qui parlent de l'actualité, c'est toujours un peu orienté, donc les gens comprennent, mais ça reste bon enfant.
Quand est-ce que Fanny va découvrir le pot aux roses ?
Kazo : Mais je ne veux pas qu'elle sache ! Il faut que le truc reste là [Il se touche le ventre]. Il faut que les enfants soient majeurs et quand je vais mourir, à l'enterrement, ils viendront et feront connaissance. [À Sarah] Qu'en penses-tu ma chérie ?
Sarah : Par contre, tu ne m'appelles pas chérie ! Chérie, c'est le chocolat.
Kazo : Ah bah d'accord Doudou.
Sarah : C'est pire, Doudou c'est le papier toilette... C'est toi qui dis que tu ne vas jamais faire savoir à Fanny que j'existe, mais moi, je n'ai pas dit mon dernier mot.
Kazo : Mais pas maintenant ! On a deux enfants, tout le pays est au courant sauf Fanny !
Un dernier message pour les Guyanais ?
Fanny : Merci à vous, merci d'être avec nous au quotidien, vous qui nous suivez sur les réseaux.
Kazo : Peuple guyanais ! Je suis différent des autres, je ne suis pas comme ces gens. Je suis un homme fidèle à ses deux femmes. Venez nombreux, on ne triche pas. La Guyane, on vous aime ! Et comme je le dis toujours : sa mérité an feu !
Sarah : L'année dernière, nous étions au Zéphyr, ce n'était pas prévu que l'on vienne, on nous a appelés un mois avant et quelle fut notre surprise de voir que le public avait répondu présent. Merci à vous d'être venus la première fois. Venez une deuxième fois, on ne fait jamais le même spectacle, nous Lé Fouben c'est ça notre particularité, c'est ce qui fait le trio, à chaque fois qu'on joue une scène, elle n'est jamais pareille, c'est toujours un nouveau spectacle, on rapporte toujours quelque chose d'autre, comme justement l'actualité aux Antilles !
Kazo : Que Dieu vous garde et que Satan s'éloigne de vous [rires].
Infos pratiques :
Lé Fouben "Le Retour" : Le Zéphyr le vendredi 4 octobre à 20:00
Espace Sinnaryouz le samedi 5 octobre à 20:00

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