Une opération de relogement menée à la Verdure, confusion chez les réfugiés
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Une opération de relogement menée à la Verdure, confusion chez les réfugiés

Tristan DEREUDDRE
Le vaste espace de La Verdure se situe en périphérie de Cayenne, au sommet de la route du Tigre.
Le vaste espace de La Verdure se situe en périphérie de Cayenne, au sommet de la route du Tigre. • T.D.

Le relogement concerne entre 70 et 80 personnes jugées "vulnérables", parmi les 150 réfugiés afghans, sahraouis, marocains et syriens présents sur le site.

Une opération de relogement est menée en ce moment au camp de la Verdure. Dans la matinée du mardi 22 juillet, les forces de l'ordre, accompagnées par le Samu social, ont signifié à plusieurs occupants qu'ils allaient devoir quitter les lieux vers un nouvel hébergement. Situé sur la route du Tigre, en amont du Boxing club, ce terrain privé de l'État abrite 150 demandeurs d'asile afghans, sahraouis, marocains et syriens, dont plusieurs familles.

"Pas une expulsion"

"L'ensemble des personnes qu'on a pu faire sortir de la Verdure va bénéficier d'un hébergement dans le cadre de leur demande d'asile. Il ne s'agit pas d'une expulsion ou d'une évacuation", nous indique Sylvie Bernot, à la tête de la direction générale de la cohésion et des populations (DGCOPOP).

Une mise à l'abri qui concerne 70 à 80 personnes, jugées comme étant les plus vulnérables : les femmes seules, enceintes ou avec enfant et les personnes en situation de handicap, d'après Sylvie Bernot.

"Nous travaillons pour la totalité des personnes qui sont sur le site, assure-t-elle. Les abris ne sont pas acceptables, nous leur permettons d'obtenir un hébergement dans de meilleures conditions que celles qu'ils ont actuellement." 

Confusion

Sur le camp, dont l'accès nous a été dans un premier temps refusé hier en fin d'après-midi, la confusion domine chez de nombreux réfugiés : "Ce matin, de nombreux policiers sont venus pour recueillir nos noms. Ils nous ont demandé dans quelles tentes on vivait", raconte Alireza Motavalian, réfugié iranien arrivé il y a six mois à la Verdure.

Les tentes sont numérotées, et certaines d'entre elles, inhabitées, ont déjà été démantelées. "On rachète ces tentes aux derniers occupants pour une somme allant de 300 à 500 euros", explique Alireza.

"Nous n'avons nulle part où aller. Certaines personnes ont été sommées de rejoindre un hébergement qu'ils appellent un hôtel. On ne comprend pas, on ne nous laisse pas le choix, cet hôtel coûte très cher au contribuable guyanais", juge l'homme qui a été détenu avec sa femme pendant 10 ans la prison de Qingpu en Chine.

Solution d'hébergement

Depuis hier, 26 personnes ont quitté le camp pour rejoindre l'hébergement d'urgence proposé : cet immeuble, situé rue des peuples autochtones, comprend 18 studios. "Les hébergements que l'on propose ne sont pas temporaires. Les gens pourront y rester le temps de leur régularisation, et le temps qu'ils puissent, s'ils le souhaitent, repartir vers la métropole", explique Sylvie Bernot.

Pourtant, plusieurs personnes assurent n'avoir reçu qu'une solution d'hébergement temporaire. C'est le cas de Roshan, une réfugiée afghane de 22 ans : "Je suis arrivée à l'hôtel pour une semaine. On m'a dit qu'à l'issue de ce délai, je devais trouver un logement. Je ne sais pas comment faire", témoigne-t-elle. "La carte de séjour permanente de mon père n'a toujours pas été délivrée, cela fait 20 mois. Je ne sais pas où aller après avoir quitté l'hôtel", poursuit Roshan. Un coupon délivré par le Samu social lui précise les dates de son hébergement : du 22 au 29 juillet.

Un appel à projet lancé en mai dernier

Mi-mai, un appel à projet a été lancé par la préfecture pour la gestion du camp de la Verdure. Cet appel à manifestation d'intérêt (AMI) avait clôturé le 23 juin dernier. Il a été provisoirement suspendu : "On était partis dans cet appel d'offre pour avoir une structure qui puisse gérer en direct ce camp. Mais nous avons trouvé des solutions d'hébergement pour les personnes, glisse Sylvie Bernot. Il n'est pas exclu qu'on puisse reprendre cet AMI en fonction de l'évolution, qui dépend des flux migratoires que nous ne contrôlons malheureusement pas."

Si la DGCOPOP assure vouloir offrir à chaque demandeur d'asile des hébergements dignes, 80 personnes restent sur le site dans des conditions déplorables. Plusieurs cas de leptospirose avaient été signalés depuis le début de l'année 2025, une situation alarmante mais loin d'être exceptionnelle sur le camp de la Verdure.

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