Fusillade de la rue Lallouette : trois accusés rejugés en appel
Trois hommes comparaissent depuis lundi devant la cour d'assises d'appel pour plusieurs braquages commis et pour tentative de meurtre sur un policier lors d'une fusillade survenue rue Lallouette, les 4 et 8 juillet 2021
La troisième journée du procès en appel s'est tenue ce mercredi 11 mars devant la cour d'assises. Dans le box, Whitmark Simon, Akim Pompey et Clint Gobin. Tous les trois ont fait appel des peines prononcées en janvier dernier lors du procès en première instance.
Quatre hommes avaient été reconnus coupables pour leur participation à plusieurs braquages commis à Cayenne le 4 juillet 2021, ainsi que d'une tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique, le 8 juillet.
" Les enjeux de ce procès en appel sont de comprendre le niveau de dangerosité des accusés, leur degré d'empathie et les risques de récidive ", résume Me Robo Cassilde Magali, avocate d'une des parties civiles.
L'audience du jour a été consacrée aux expertises psychiatriques et psychologiques. Les spécialistes ont présenté leurs conclusions sur la personnalité des accusés, leur rapport à la violence et leur capacité à se réinsérer.
Une cour d'assises sans jury populaire
" La composition de la cour d'assises est particulière dans ce procès. Avec l'évolution de la loi sur les vols en bande organisée avec circonstances aggravantes, en janvier 2026, la cour est désormais composée essentiellement de magistrats professionnels, sans jury populaire ", poursuit Me Robo.
Whitmark Simon et Akim Pompey avaient été condamnés à 30 ans de réclusion criminelle. Clint Gobin avait écopé de 28 ans. Dason Jupiter, reconnu coupable de vols à main armée mais non impliqué dans la tentative de meurtre, avait été condamné à 16 ans de prison.
Seuls trois condamnés ont décidé de faire appel. Dason Jupiter a accepté sa condamnation. Les accusés rejugés encourent toujours la réclusion criminelle à perpétuité.
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Rappel des faits
Les faits remontent au 8 juillet 2021.
Ce jour-là, vers 11 heures, deux policiers, Patrice Sabino et Pascal Giraud, repèrent une Peugeot 208 rouge au croisement des rues Lallouette et Arago, en centre-ville de Cayenne. Le véhicule correspond à celui utilisé lors de plusieurs braquages commis dans les jours précédents.
Les deux hommes descendent de leurs motos et se positionnent de part et d'autre de la voiture, demandant au conducteur de couper le moteur.
Quelques secondes plus tard, un premier tir est déclenché depuis la banquette arrière du véhicule. L'auteur est Whitmark Simon, d'après l'expertise balistique. Pensant être touché, le policier Sabino se réfugie derrière une voiture. Il aperçoit alors Akim Pompey, fusil à pompe à la main, à sa recherche pour l'abattre. Les policiers ripostent.
Le conducteur du véhicule, Byorran Couachi, a été touché à la tête et au bras dans les échanges de tirs. Il succombera à ses blessures dans la nuit au centre hospitalier de Cayenne.
Les quatre occupants du véhicule tentent alors de s'enfuir, mais ils sont interpellés quelques centaines de mètres plus loin. Deux d'entre eux avaient trouvé refuge dans une épicerie située sur l'avenue Général de Gaulle.
Deux accusés contestent leurs actes
Au total, une dizaine de victimes ont été recensées. Certaines ont été braquées sous la menace d'une arme, d'autres ont été violentées lors des vols.
Depuis le début de l'appel, la cour revient sur le déroulement des faits et le rôle de chacun des accusés. Leurs versions diffèrent. Deux d'entre eux contestent toujours une grande partie de leurs actes, parfois en criant. Tandis que le troisième reconnaît son implication mais nie avoir fait usage d'une arme.
Le procès en appel doit s'achever demain jeudi 12 mars avec les réquisitions de l'avocate générale et les plaidoiries. La cour rendra ensuite sa décision. Les tireurs risquent la perpétuité.

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