En Guyane, la rentrée des classes perturbée par le retard des affectations
Le syndicat Snuipp a dréssé son bilan de la rentrée
La rentrée des classes a été "désastreuse" en Guyane d'après le syndicat Snuipp (Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC). Les instituteurs du premier degré ont dénoncé, lors d'une conférence de presse le 10 septembre : "L'administration n'a toujours pas terminé les affectations, elles sont encore en cours de traitement. La rentrée n'a pas été anticipée." Si les contractuels sont davantage touchés par la non-attribution des postes, des titulaires rencontrent aussi des difficultés.
Suley Jaire, cosecrétaire du syndicat remarque : "Des classes qui devaient ouvrir ont fermé la veille de la rentrée. Les élèves sont redispatchés dans d'autres classes. Toute la préparation de l'enseignant devient inutile."
60 classes non affectées
Ces irrégularités s'expliquent, entre autres, par des incertitudes sur le nombre d'élèves inscrits dans chaque école. Un travail sur lequel les mairies et le rectorat doivent collaborer. À Saint-Laurent par exemple, l'une des communes dans lesquelles il y a le plus de difficultés, 300 élèves supplémentaires ont été accueillis par rapport aux prévisions établies il y a quelques mois.
D'après Emmanuel Henry, secrétaire général de l'académie de Guyane : "Beaucoup de postes deviennent vacants parce que des enseignants demandent a ce que leur affectation soit révisée. Ils font des recours pour diverses raisons. Certaines de ces situations sont encore en train d'être traitées." Sur 2 989 classes ouvertes dans le premier degré (+ 31 par rapport à l'an passé) 60 sont encore en cours d'affectation d'après le rectorat. L'académie travaille sur le dossier et estime que la quasi-totalité des situations aura été résolue d'ici à la fin du mois.
Des écoles surchargées, manque de place dans les cantines
"Les élèves sont impactés. La baisse des effectifs par classe devrait être une priorité. Là, on va dans le sens inverse", poursuit Suley Jaire. L'académie se fixe pour objectif d'avoir un maximum de 25 élèves par classe. "Certaines classes en ont moins, d'autres bien plus. Il y a des disparités entre les différents secteurs."
Emmanuel Henry répond : "Il y a peu de classes avec plus de 30 élèves. Mais il y a effectivement de la surcharge dans les établissements. C'est à ce moment-là qu'on crée de nouvelles classes avec des algeco dans les cours de récréation par exemple." La moyenne dans le premier degré est de 18,7 élèves par classe, avec des disparités selon des endroits.
Le Snuipp remarque aussi que "certains groupes scolaires n'ont pas de personnel pour s'occuper des jeunes en situation de handicap. Cela ajoute une charge importante aux enseignants concernés."
Les cantines scolaires font face à d'autres problèmes : "On a des enfants qui ne mangent pas parce qu'ils n'ont pas de place. Les parents ne peuvent plus les inscrire", explique Nadia Zehoun cosecrétaire du syndicat. "Desfois, les enfants ne sont pas acceptés parce que les parents n'ont pas fini de payer la cantine de l'an passé. Les enfants dans ces situations sont défavorisés. Ils ne reviennent parfois pas l'après-midi."
Plus de 50 000 écoliers ont fait leur rentrée cette année sur le territoire.
Le manuel imposé ne fait toujours pas l'unanimité
Depuis la rentrée 2024, le rectorat de Guyane impose aux enseignants d'école primaire une méthode d'enseignement (les manuels Néo ou Fil et Lulu sont proposés). Cette mesure, introduite aux CP l'an passé, se poursuit cette année et ne fait pas l'unanimité. "Ces manuels imposés bafouent notre liberté pédagogique. On est aussi limités parce que certains exercices demandent l'utilisation d'outils numériques que l'on n'a pas", explique le Snuipp.

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