Emploi fictif : deux ans avec sursis requis contre la sénatrice Marie-Laure Phinéra-Horth
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JUSTICE

Emploi fictif : deux ans avec sursis requis contre la sénatrice Marie-Laure Phinéra-Horth

Gaëtan TRINGHAM
José Lama avocat de Marie-Laure Phinéra-Horth, ancienne mairesse de Cayenne et actuelle sénatrice.
José Lama avocat de Marie-Laure Phinéra-Horth, ancienne mairesse de Cayenne et actuelle sénatrice. • GT

Le Parquet évalue le montant détourné à 229 471 euros

Le Parquet a requis deux ans d'emprisonnement avec sursis et 30 000 euros d'amende contre la sénatrice Marie-Laure Phinéra-Horth. L'élue, alors maire de Cayenne, est soupçonnée de recel de détournement de fonds avec un “caractère d'habitude”.

 

Elle est accusée d'avoir continué à percevoir son salaire d'orthophoniste sans exercer entre 2013 et 2016. Le montant public recelé est évalué à près de 230 000 euros par le Parquet, qui a également requis la confiscation d'un appartement acheté par la sénatrice, d'une valeur similaire à ce montant.

Trois cadres du centre hospitalier de Cayenne comparaissent, eux aussi, devant le tribunal correctionnel ce 8 octobre pour "soustraction et détournement de biens d'un établissement public". 

 

Un an avec sursis et 5 000 euros d'amende ont été requis contre l'ancien DRH Bruno Milcent, à qui le Parquet reproche " de ne pas avoir dénoncé " la situation.

"On surpasse la négligence"

À l'encontre des anciens directeurs de l'hôpital, Pierre Pauchard et Dominique Delpech, le Parquet requiert respectivement un an avec sursis et 10 000 euros d'amende, et deux ans avec sursis et 20 000 euros d'amende. Le ministère public leur reproche " d'avoir failli à faire respecter le règlement au sein de leur établissement " et estime que, dans leur cas, " on surpasse la négligence ". 

À l'audience, les trois cadres se sont renvoyés la responsabilité de la gestion du dossier Phinéra-Horth. Pour les quatre prévenus, l'avocate générale estime qu'ils "ont fait fi du devoir de probité attaché à leur fonction." 

José Lama, conseil de MLPH, " déplore qu'il n'y ait pas eu de présomption d'innocence dans cette affaire ". Il affirme : " Il n'y a aucun document attestant de la présence ou de l'absence de Mme Phinéra-Horth" et demande la relaxe totale de la sénatrice. Les agendas de l'ancienne maire, saisi par la justice, ne mentionnent aucun passage à l'hôpital après 2013. Elle affirme avoir utilisé d'autres agendas par la suite. Aucune trace de ces derniers n'a été retrouvé ou présenté au dossier.

Le "poste fantôme"

La sénatrice admet qu'avec son mandat de maire, son temps était partagé. Son avocat indique qu'elle passait 48 % de son temps à l'hôpital. Sur la période 2013-2016, la sénatrice a pourtant perçu son salaire à temps plein à 40 reprises.

Le Parquet est de son côté convaincu que " l'absentéisme de MLPH ne peut pas être contesté " et que "rien ne justifiait qu'elle n'effectue pas la totalité de ses horaires".  Un mail envoyé à la direction de l'hôpital par un cadre de santé évoque dans son message le "poste fantôme" de Marie-Laure Phinéra-Horth.

L'hôpital de Cayenne s'est constitué partie civile dans cette affaire et a demandé la réparation du préjudice financier subi.

Le délibéré sera rendu le 4 décembre prochain.

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