Droits des femmes : «la Guyane est dans le rouge»
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Droits des femmes : "la Guyane est dans le rouge"

Nahomie PERIGNY
Isabelle Hidair-Krisky, ex-directrice régionale aux droits des femmes
Isabelle Hidair-Krisky, ex-directrice régionale aux droits des femmes • M.L.

Une femme sur quinze occupe un poste de cadre

La monoparentalité concerne très majoritairement les femmes. 35 % d'entre elles sont à la tête d'une famille monoparentale, contre seulement 7 % des hommes, selon les données de l'Insee publiées à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Fanm poto mitan... mais qu'à la maison

Un chiffre qui, selon Isabelle Hidair-Krivsky, ancienne directrice régionale aux droits des femmes, passe inaperçu dans notre société : " on a toujours cette expression “fanm djok”, qui masque complètement la réalité statistique. " 

La professeure des universités en anthropologie développe un constat sans ambages : " On est dans le rouge : dernier département en termes d'insertion professionnelle, département avec le plus de femmes sans emploi… À quel moment les femmes sont-elles en “première position” si ce n'est dans la gestion du foyer ? La véritable expression serait plutôt “fanm poto mitan”, mais seulement à la maison  ".

À cela s'ajoute un autre chiffre : une femme sur quinze occupe un poste de cadre. Lorsqu'elles accèdent à ces fonctions, elles perçoivent un salaire inférieur à celui de leurs homologues masculins pour un temps de travail équivalent. Elles sont plus souvent au chômage ou inactives que les pères et réduisent davantage leur activité professionnelle. 

" Les hommes n'ont pas eu à se battre "

Pour Isabelle Hidair-Krivsky, si le 8 mars est commémoré avec des fleurs et des chocolats, il faut rappeler son sens profond : " La Journée internationale des droits des femmes est indispensable. Les hommes, eux, n'ont pas eu à se battre pour porter un pantalon, voter, travailler ou ouvrir un compte bancaire : tout cela a dû être légiféré. "

Selon l'anthropologue, la déconstruction doit se faire dès le plus jeune âge : " L'école instaure des distinctions importantes entre filles et garçons dès la maternelle, et les filles sont moins représentées dans les manuels scolaires. "

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