“C'est plus grand, c'est mieux” : les habitants de l'Ouest guyanais découvrent leur nouvel hypermarché
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“C'est plus grand, c'est mieux” : les habitants de l'Ouest guyanais découvrent leur nouvel hypermarché

Antoine Plancke
Saint-Laurent se dote de son premier Hypermarché
Saint-Laurent se dote de son premier Hypermarché • A.P.

Dix ans après le lancement du projet, l'Hyper U de Saint-Laurent a ouvert ses portes vendredi dernier. Entre effets réels et effets d'annonce, tentons d'y voir clair sur l'impact de cette nouveauté dans la ville.

Depuis des années, les Saint-Laurentais s'étaient habitués à se bousculer dans le seul supermarché de la ville, slalomant entre caddies et palettes de mise en rayons. En juillet 2024, l'offre commerciale a commencé à évoluer avec l'ouverture d'un deuxième supermarché, Carrefour Contact, en centre-ville aussi.

Restait cette vaste zone, défrichée depuis des années, à l'entrée de la ville. Dix ans de "difficultés administratives " selon Jan Du, à négocier sur la pertinence de l'implantation, sur l'aménagement du site et de ses accès… Mais ça y est : le premier hypermarché de Saint-Laurent a ouvert ses portes et accueilli ses premiers clients.

La ville grandit, l'offre commerciale aussi

Chiviero, 18 ans, sort chargé de deux sacs de courses pour toute la famille : "C'est plus grand, c'est mieux que celui d'avant, il y a plus de choix. " Pour Larissa, 26 ans, "la déco est jolie, il y a beaucoup de produits, c'est énorme. Il y a plusieurs caisses et c'est bien, parce qu'à Saint-Laurent il y a beaucoup de population."

Jan Du, président des magasins U de Guyane : "Je tiens à remercier toutes nos équipes, qui ont travaillé jour et nuit pour que l'ouverture soit parfaite."

Une réalité démographique rappelée par Jan Du : "Il y avait un grand besoin. Super U était trop petit par rapport à la taille de la population." Sophie Charles abonde : "Avec nos 80000 habitants sur Saint-Laurent, sans compter notre bassin de vie, de Mana à Apatou et la rive surinamaise, la nécessité d'avoir un hypermarché s'est imposée à nous." Une nécessité loin d'être évidente pour tous. La maire de Saint-Laurent rappelle qu'il a fallu négocier ferme à Paris pour convaincre la commission compétente.

 "Saint-Laurent franchit un cap"

La taille des rayons pour le non-alimentaire a doublé par rapport à Super U et globalement, on trouve un choix enfin similaire à ce que l'on trouve ailleurs. Comme le rappelle la maire, ses administrés devaient faire trois ou quatre heures de route pour trouver certains produits, à Cayenne ou Paramaribo... ils les trouveront désormais dans leur ville. "Saint-Laurent franchit un cap, devient une destination commerciale reconnue, d'autres enseignes vont venir. " Un car surinamais venait déjà régulièrement à Super U ; dès samedi, il a débarqué ses visiteurs de l'autre rive sur le parking du nouvel Hyper U.

Certains nuancent, à l'image de cette infirmière du CHOG : "Globalement, on retrouve un peu les mêmes produits" que dans les supermarchés déjà existants. Elle apprécie toutefois les allées plus larges et le rayon plats cuisinés, "vraiment bien pour les gens qui travaillent." Elianyse, 17 ans, va dans le même sens : "C'est bien, il y a plus d'espace, plus de choix, mais par rapport à Super U il n'y a pas grand changement, c'est à peu près les mêmes choses."

Au-delà des clients particuliers, l'impact se mesure aussi à la satisfaction de clients professionnels. François Morell, patron du restaurant Le Corto, apprécie : "Pas d'attente aux caisses, ça va beaucoup plus vite et ça, c'est important quand tu travailles. Enfin le choix est au rendez-vous pour les produits frais et avec le service traiteur, la boucherie, la poissonnerie surtout, avec des prix intéressants. On va voir sur le long terme, mais en tant que professionnel pour l'instant, je suis ravi. "

Approvisionnement : un défi logistique

Les problèmes d'approvisionnement que connaît la Guyane depuis plusieurs semaines n'ont pas aidé. Jan Du ne s'en cache pas : "Faire une ouverture comme ça, forcément ça nous fait mal au cœur. Sur tous les produits frais, les surgelés, vous en avez beaucoup moins… Mais pour d'autres, on a anticipé : grâce au Port de Saint-Laurent, on a pu faire venir dix containers un mois à l'avance. Ça nous a un peu sauvés sur les produits ‘secs'. "

Une solution de long terme ? "Normalement, il y a un bateau tous les mois, j'espère que ce sera stable. Mais si on doit toujours stocker pour un mois, c'est compliqué pour la logistique, ça impose un stockage extrêmement important. " Lucien Durand, directeur du Port de l'Ouest, veut répondre à ces besoins et ambitionne, à terme, de passer d'un cargo par mois à un par semaine. "Nous avons une capacité de 2000 à 2500 tonnes, un camion c'est 20 à 25 tonnes. Si on compte l'aller-retour depuis le Dégrad des Cannes, passer par le Port de l'Ouest, c'est donc éviter 200 camions sur nos routes. Aux compagnies maritimes de jouer, en mode ‘just on time' !"

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