Suriname : À cause de la sécheresse, le barrage d'Afobaka va réduire la production électrique
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Suriname : À cause de la sécheresse, le barrage d'Afobaka va réduire la production électrique

Eric GERNEZ
Le niveau très bas du lac de Brokopondo, vu d’une des îles.
Le niveau très bas du lac de Brokopondo, vu d’une des îles. • EG

Alors qu'une sécheresse extrême frappe les communes de l'intérieur du Suriname, c'est maintenant le barrage d'Afobaka qui annonce une réduction de la production hydroélectrique.

Sur les Maroni et Lawa, sur la rivière Suriname, ainsi que pour toutes les communautés à l'intérieur du pays, l'eau est au centre des préoccupations. Malgré quelques averses sur la côte, les prévisions météorologiques sont pessimistes.

Les avions au secours des populations

L'eau manque pour permettre aux pirogues d'approvisionner les villages, qui doivent compter sur leurs propres ressources. C'est à ce moment que les modes de résilience traditionnelle montrent leurs limites. Le faible niveau des cours d'eau concentre les taux de pollution engendrés par l'activité de l'orpaillage, rendant l'eau des criques impropre à la consommation. La pêche, autrefois essentielle pour les communes de l'intérieur, est, elle aussi, devenue impraticable en raison du taux de mercure élevé dans la chair des poissons. Les terres agricoles n'ont pas donné de récolte, faute de pluie. Les habitants de Tapanahony (affluent du Maroni), de Lawa et de la région du Haut-Suriname souffrent énormément. Le manque d'eau est tel que les écoles n'ont pas repris les cours, et les enseignants venus de la capitale rebroussent chemin face aux conditions de vie sur place.

Ce sont les petits avions Cessna, outils essentiels du transport logistique aérien vers les communes de l'intérieur, qui approvisionnent en bouteilles d'eau et en sacs de riz les populations éloignées. Au Suriname, ces actions relèvent souvent d'initiatives privées, principalement à caractère caritatif.

Le lac de Brokopondo au plus bas

Alors qu'en Guyane, on célèbre les trente ans de la mise en service de Petit-Saut, qui, en 1994, aurait imaginé qu'un des enjeux du futur serait le remplissage des réservoirs, nous qui étions si sûrs de notre position géostratégique favorable grâce aux pluies abondantes ?

Pour le barrage d'Afobaka, construit dans les années 1950 et couvrant une superficie en eau de plus de 150 000 hectares, le problème de l'approvisionnement en eau se pose aujourd'hui. Les autorités envisagent une réduction de la production. La centrale hydroélectrique passera ainsi de 110 mégawatts à 90 mégawatts à compter du 1er décembre. Cette baisse significative aura sans aucun doute un impact sur le coût de l'électricité et sur la régularité de l'approvisionnement.

Il faudra, en effet, produire davantage à partir de la centrale thermique pour répondre à la demande d'électricité. Cela entraînera une consommation accrue de carburant, avec des conséquences sur les prix.

Le ministre des Ressources naturelles, David Abiamofo, a déclaré vendredi au Parlement : " Le niveau d'eau dans le réservoir est actuellement inférieur de 12 pieds (3,65 m) à la moyenne normale. " Chaque jour, le niveau de l'eau du réservoir baisse de trois centimètres.

Il y a presque un an, nous évoquions déjà les conséquences du changement du régime des pluies dû au dérèglement climatique dans cet article :  Quand la question climatique touche le plateau des Guyanes. Notre traditionnel repère du " 15 novembre, arrivée de la pluie " ne sera-t-il bientôt plus qu'un souvenir ?

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