Miami : la vibe américano-caribéenne
Depuis le Covid, tout le monde veut vivre à Miami. Le soleil, la coolitude caribéenne sont recherchés, pas seulement par les Américains. Les Cubains et les Haïtiens sont nombreux là-bas. France-Guyane s'est rendu dans la ville à la mode aussi bien aux États-Unis que dans l'arc antillais.
Miami Vice, Miami Beach, les lumières rose fluo et des bikinis en stroboscope. Voilà les images qui se bousculent dans notre tête quand on annonce un reportage dans la ville floridienne.
Si c'est un cliché, il n'est pas totalement inexact. Il faut juste rajouter des corps botoxés et retouchés.
Le divertissement est l'apanage de cette ville. Miami Beach est un lieu unique au monde à vivre en journée et en soirée.
Mais Miami, ce n'est pas que le bling-bling. Étonnamment, c'est aussi une ville de culture... et de cultures caribéennes.
Parler anglais est presque devenu une gageure. On a commencé par parler créole avec les policiers de l'aéroport, puis espagnol avec le chauffeur Uber, puis français avec le serveur du restaurant ouvert 24 heures sur 24.
Dans Little Havana et sa Calle Ocho (SW 8th Street) remplie de bars et de restos cubains, impossible de parler anglais. Dans cette rue, il faut absolument cacher son t-shirt du Che et éviter les « hasta siempre ». L'émigration cubaine est 100% anti-castriste et ne rêve que d'une chose : rejouer la baie des Cochons.
Les graffeurs brésiliens sont là
Le Brésil est aussi présent à Wynwood Walls, un quartier pauvre, anciennement industriel, près de l'aéroport. En quelques années, grâce à la vision de Tony Goldman, cet espace constitué d'entrepôts abandonnés est devenu la Mecque du street art. Os Gêmeos et Kobra sont partout dans ce quartier qui se compose de même pas dix rues.
Mais un collectif moins connu a réalisé une fresque spectaculaire sur les Orishas : Bicicleta Sem Freio, qui signifie « Vélo sans frein » en portugais. Une réalisation sidérante qui colle à ce quartier frénétique en plein développement.
Plus au nord de Miami, dans la banlieue de Hollywood, on réside dans un pâté de maisons, au loyer absolument pas cher, dont le voisinage parle québécois et espagnol. Les retraités canadiens passent au moins six mois de l'année à Miami, puis louent leur résidence en Airbnb.
On est dans une autre image de l'Amérique, celle des routes immenses où le piéton n'est que toléré. Mais au final, le sport-bar est agréable, les rues annexes sont paisibles et les gens abordables.
Le Hard Rock Café attire
Pourquoi venir dans ce coin ? Car à quelques encablures rayonne le Hard Rock Café. Un hôtel-casino connu dans le monde entier pour sa guitare. Il est tenu par les Séminoles, les autochtones survivants de la région.
Cette guitare est un phare qui attire toute la région. Les concerts des plus grandes stars mondiales y sont proposés, et le casino est gigantesque. Une chute d'eau d'une dizaine de mètres coule au milieu de l'entrée. Deux boîtes de nuit coexistent. Tout Miami, toutes classes sociales confondues, y passe.
Le sport-bar, où les paris sportifs ne cessent jamais, est le lieu principal d'attraction ; en deuxième, la salle de poker ne désemplit pas. 35 tables où sont proposés du Omaha hi-low, du stud et du hold'em pour quasiment toutes les bourses.
Cela va de 1 euro à 50 euros la mise obligatoire.
Dans un décor lumineux, éclatant, les jeux de hasard se réinventent au milieu du traditionnel craps, un jeu de dés.
Les fortunes se font et se défont sous nos yeux. Difficile de résister, on y laissera quelques plumes.
Le lendemain, pour se consoler, le roi de la moule en Floride nous reçoit. Jean-Claude Marcin est Guyanais (lire encadré). Il a ouvert, il y a une quinzaine d'années, Le Comptoir, à Hollywood. Des tonnes de moules passent dans ses fourneaux. Les Canadiens ont planté leur drapeau dans ce restaurant qui occupe une place centrale dans la rue commerçante, en plein chamboulement depuis le Covid. Les Américains veulent vivre en Floride. Les immenses immeubles d'habitation poussent comme des champignons. « Avant, il n'y avait rien ici. Et regardez ! Les prix ont décuplé. C'est devenu the place to be. Hollywood reste accessible, par rapport à Miami Downtown, et on est à 20 minutes de Miami Beach », analyse Jean-Claude.
Plus que les moules succulentes de l'enfant de Sinnamary, l'alligator nous a régalés. Il a le même goût que notre féfé, mais ici, on le mange à toutes les sauces et même en nuggets.
Dernière étape, la plage. Si les maillots de bain et les corps bodybuildés sont de sortie, les algues et l'eau froide ne poussent pas vraiment à se baigner, mais le boardwalk est sympathique et attrayant.
Miami consiste en une virée américaine aux saveurs caribéennes, surtout cubaine et haïtienne, qui dépayse et détend, et donne envie de revenir.
Wynwood Walls : La Mecque du street art
Wynwood Walls est un parc de street art situé dans le quartier de Wynwood à Miami, transformé d'un ancien secteur industriel en une célèbre galerie à ciel ouvert. Créé par Tony Goldman en 2009, ce lieu vibrant accueille des œuvres murales de nombreux artistes de renommée mondiale, tels qu'Os Gêmeos, Kobra, et Bicicleta Sem Freio. Reconnue pour ses fresques colorées et audacieuses, Wynwood Walls est devenu une destination incontournable pour les amateurs d'art urbain. Une galerie d'art à ciel ouvert.
Pour se rendre à Miami
Air France. Départ de Cayenne, arrêt à Fort-de-France, escale d'une heure vingt en Guadeloupe puis Miami. 8h30 de vols pour un coût autour de 1 000 euros.
La Suriname Airways a un vol en direct dpuis Paramaribo ainsi que la Copa via le Panama. Sky High a repris de manière saisonnière ses vols entre Cayenne, la République dominicaine et Miami.
Le roi de la moule en Floride est Guyanais
Il est dans le top 30 des meilleurs restaurants de Miami selon Trip advisor. Le Comptoir, sis au 1902 Harrison Street à Hollywood est tenu par Othis. Le frère du chanteur Lexios y réside depuis une quinzaine d'années. Après avoir possédé plusieurs restaurants à Paris, il donne tout à ces enfants et par pour le soleil. Il est devenu le roi de la moule avec près de 4 000 kilos qui passent par ses cuisines. Les prix vont de 18 euros à 37 euros. Une salade de cuisses de grenouilles, des escargots sont proposés.

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