La France aide le Suriname à sortir de la liste noire aérienne
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Vols Cayenne-Paramaribo

La France aide le Suriname à sortir de la liste noire aérienne

Eric GERNEZ depuis Paramaribo
De gauche à droite : Benoît Denise, ambassadeur de France au Suriname ; Claudia Peyrel, chargée de mission Amériques et Japon pour la Coopération internationale de la Direction du transport aérien (DGAC) ; Anjulio Wolf, directeur de la Casas, autorité de l'aviation civile du Suriname ; et M. Lanveld, ministre du Tourisme et des Transports du Suriname. Crédit : service presse de l'ambassade de France.
De gauche à droite : Benoît Denise, ambassadeur de France au Suriname ; Claudia Peyrel, chargée de mission Amériques et Japon pour la Coopération internationale de la Direction du transport aérien (DGAC) ; Anjulio Wolf, directeur de la Casas, autorité de l'aviation civile du Suriname ; et M. Lanveld, ministre du Tourisme et des Transports du Suriname. Crédit : service presse de l'ambassade de France. • DR

Alors qu'il Il n'y a plus de vols entre Cayenne et Paramaribo un accord a été signé entre la France et le Suriname pour aider à une mise à niveau technique.

Depuis 15 mois, le Suriname a été placé sur la liste noire européenne de la sécurité aérienne.

Le dossier aéronautique est en tête de la liste des actions de coopération prioritaires pour faciliter le développement économique entre les deux pays. Le transport aérien a toujours bien fonctionné, dans le passé, entre Paramaribo et Cayenne. Son arrêt soudain est venu troubler l'équilibre des liaisons aériennes régionales. Paramaribo ambitionne d'être un hub vers les destinations du reste du continent, via Panama. Avec l'arrivée de l'ère pétrolière, l'importance de cette liaison aérienne se voit confirmée.

Comme France-Guyane le relatait en juin 2025, les autorités européennes avaient relevé de nombreuses irrégularités dans les procédures techniques imposées par l'Union : " L'autorité civile surinamaise de l'aéronautique, la Casas, devait se mettre aux normes pour éviter cette interdiction. Rien n'a été fait. "

Un volet pratique qui passe par la formation française

Ce lundi 19 octobre, le Suriname et la France ont signé une lettre d'intention visant à améliorer la sécurité aérienne. Cette coopération vise à résoudre les restrictions de vol international pour le Suriname, à la suite de son classement sur la liste noire par l'Agence de sécurité européenne des transports aériens.

Cette signature est accompagnée d'un volet pratique. Une formation pour experts en aviation est dispensée du 19 au 23 octobre par Pierre Rosellini, formateur de l'École nationale de l'aviation civile (Enac). La formation est financée par la DGAC (Direction générale de l'Aviation civile) et se concentre sur les méthodes d'audit au sein du secteur aéronautique. Le Système de surveillance de la sécurité et de la sûreté de l'aviation des Caraïbes (Cassos) ainsi que des représentants d'Haïti, de la Jamaïque et de la Barbade y participent ce qui donne un rayonnement régional à cette action.

Le nouvel ambassadeur français au Suriname, Benoît Denise, a souligné l'importance de l'échange de connaissances et de la coopération. L'autorité aéronautique française considère la formation comme une première étape d'un processus qui doit être développé davantage par des mesures concrètes.

Il est précisé que la lettre d'intention contient la base d'une coopération technique, mais ne signifie pas que les restrictions aériennes existantes ont déjà été levées. L'avis ne mentionne pas non plus d'accords concrets sur de nouveaux vols ou d'horaires pour de meilleures correspondances.

Un meilleur contrôle aérien

Selon l'ambassadeur français, un meilleur contrôle aérien peut accroître la confiance internationale et stimuler le commerce et le tourisme.

Déjà, la liaison aérienne Cayenne-Georgetown est en train de prendre corps. Un avion de 19 places est prévu et le monde des affaires plébiscite la liaison, à l'heure du développement pétrolier du Guyana.

Concernant les relations Guyane-Suriname, l'autre dossier transfrontalier majeur est le franchissement du Maroni. À l'heure où la Guyane est au centre des bassins d'hydrocarbures sur l'axe Suriname-Amapá, ce défi logistique devient crucial.

La Guyane hors-jeu du développement régional

Jean-Victor Castor, le député comprend ce nouveau déplacement des enjeux  dans la région. "Nos voisins se réunnissent entre eux pour discuter de cette marge équatoriale qui va de la Colombie au Nordeste brésilien. Et nous sommes où ? Hors-jeu," déplore-t-il. "J'ai entendu au sommet de Rio sur les hydrocarbures, des Brésiliens envisagés de venir nous aider à créer un pont sur le Maroni et à développer nos routes... Tout cela reste étrange à entendre mais le développement va très vite chez nos voisins et nous restons loin de celui-ci à cause des normes et de la volonté de la France," conclut-il.

Pendant ce temps, on apprend que des compagnies aériennes surinamaises mettent leur siège social à Georgetown afin de contourner les restrictions de l'Union européenne.

Surinam Airways, quand la compagnie se posait encore à l'aéroport Félix-Éboué.
Surinam Airways, quand la compagnie se posait encore à l'aéroport Félix-Éboué. • ARCHIVES FRANCE-GUYANE
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