Élections présidentielles au Suriname : ultime sondage, NDP en tête, VHP puni
Dernier sondage avant les élections de dimanche. Le VHP, parti sortant, paie, dans les intentions de vote, la facture des promesses non tenues pendant le mandat.
Alors que les enjeux sont immenses, la campagne électorale aura soulevé peu de passions. Les traditionnels camions, braillant des slogans et distribuant casquettes et maillots, n'ont pas arpenté les rues. Le VHP, parti du Président Santokhi, avait détrôné, il y a 5 ans, le parti adverse, le NDP du feu Bouterse. Ce n'était pas un vote d'adhésion, mais un rejet de la politique menée pendant dix ans par le NDP, parti de l'ancien putschiste. Porteur de beaucoup d'espoirs, liés aux promesses distillées lors de la campagne, le VHP a déçu. Cette fois encore, les électeurs risquent de voter sur le mode de la punition.
Avec des intentions de vote qui s'affichent à 20 sièges pour le NDP et 11 pour le VHP, le choc sera rude s'il se confirme. À ces incertitudes s'ajoutent celles des candidatures bicéphales, tant au VHP, entre Santokhi et Mathoera (ministre de la Défense), qu'au NDP, entre Simons et Adhin. Le parti Abop reste en embuscade, et il est très compliqué de prédire les intentions de vote de son cœur d'électorat, représenté par les Marrons. Il est certain que, s'il devait rejoindre les rangs de l'opposition, Ronnie Brunswijk deviendrait un trublion de premier plan.
Le nouveau système électoral, source d'abstention massive ?
Le Suriname inaugure, avec cette élection, un nouveau système de désignation des membres de l'Assemblée, tant au niveau de la représentation que du mode de scrutin. Les nouveaux bulletins de vote apparaissent très laborieux à remplir. Facteurs aggravants : les préoccupations liées à un quotidien centré sur les difficultés économiques, le ras-le-bol du spectacle de la corruption et la complexité du vote pourraient conduire à une abstention massive.
Les conséquences de ce rejet des urnes, ainsi que les problèmes de comptage liés à des bulletins électoraux complexes, seront-ils, au lendemain du scrutin, des prétextes pour clamer à la fraude ? La mise en cause de la légitimité des résultats pourrait représenter une préoccupation majeure touchant à la stabilité politique.
Dans la nuit de dimanche à lundi, une tendance devrait être communiquée. Il faudra sans doute attendre mardi pour avoir des résultats consolidés. Une longue période de négociation entre partis devrait alors s'ouvrir, avant qu'une majorité soit trouvée pour nommer un Président.

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