COP30 : une première semaine dans l'impasse
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TRIBUNE

COP30 : une première semaine dans l'impasse

Harry HODEBOURG, membre de la Sepanguy
L'équipe de la Sepanguy à la COp 30 de Belém, avec en polo vert Harry Hodebourg et à sa gauche, la directrice de la plus vieille association de protection de l'environnement en Guyane (1964), Raphaëlle Rinaldo.
L'équipe de la Sepanguy à la COp 30 de Belém, avec en polo vert Harry Hodebourg et à sa gauche, la directrice de la plus vieille association de protection de l'environnement en Guyane (1964), Raphaëlle Rinaldo. • DR

À mi-parcours, la conférence de Belém peine à tenir ses promesses. Entre blocages diplomatiques, pression des lobbies fossiles et violences contre les représentants autochtones, l'élan climatique espéré tarde à émerger.

À mi-chemin de la COP30, la plupart des observateurs et des médias dressent le même constat : " Une semaine pour rien en matière d'engagements climatiques ", " Des négociations au point mort ".

Aux COP, la ritournelle est connue, et celle organisée au cœur de l'Amazonie n'y échappe pas : d'un côté, la détermination des militants - largement visible lors de la Marche pour le climat du samedi 15 novembre -, de l'autre, le traînage de savates et parfois le cynisme de certains négociateurs représentant les États.

Pire encore : la COP30 abrite un véritable nid de lobbyistes des énergies fossiles, plus de 1 500 accrédités en zone bleue, celle des discussions officielles. Pendant ce temps, les représentants autochtones ont été refoulés violemment le mercredi 12 novembre. On marche sur la tête.

Le technosolutionnisme, cette illusion 

Dernier stratagème en vogue : le technosolutionnisme, cette illusion selon laquelle des innovations techniques ou biologiques pourraient nous sauver de nos propres erreurs - biotechnologies, biopesticides, biocarburants, pluies artificielles, méga-capteurs de CO₂... L'objectif est limpide : éviter toute remise en cause du modèle économique, même en sachant qu'il nous mène droit dans le mur.

Le mantra est aussi simpliste que dangereux : la transition écologique ferait perdre en compétitivité. Comme s'il était possible, in fine, de faire du profit sur une planète morte. Le court-termisme nous emportera-t-il ou se souviendra-t-on des mots de Martin Luther King au moment des concessions nécessaires : " Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. "

Il reste une semaine pour éviter que la COP30 ne s'ajoute à la longue liste des occasions manquées.

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