Bonaire s'inquiète du "remplacement" de sa population autochtone
Bonaire fait appel à la Caricom pour éviter le “ Remplacement de sa population autochtone “, de plus en plus marginalisée sur son propre territoire. Les dirigeants de l'île dénoncent sa “recolonisation".
Bonaire a participé à des réunions avec les dirigeants de la Caricom (Communauté caribéenne) pour discuter de la marginalisation des populations autochtones sur leur propre île. La délégation a lancé un appel direct et urgent aux dirigeants de la Caricom pour qu’ils se montrent solidaires contre la “recolonisation de Bonaire”.
Après la dissolution des Antilles néerlandaises en 2010, Bonaire a été intégrée à la constitution néerlandaise dans des conditions jugées inégales. Depuis lors, la population autochtone a considérablement diminué, passant de 80 % avant 2010 à moins de 32 % aujourd'hui. Ce déclin est principalement dû aux politiques du gouvernement néerlandais autorisant l'immigration sans restriction de citoyens néerlandais européens, qui bénéficient du droit de vote aux élections locales et aux référendums seulement 90 jours après leur arrivée. En outre, le papiamento, la langue maternelle de l'île, a été remplacé par le néerlandais comme langue principale d'enseignement dans les écoles, menaçant la survie de la culture, et de l'identité locale de Bonaire. Depuis que Bonaire est devenue une municipalité spéciale, des efforts ont été faits pour augmenter la main-d'œuvre néerlandaise européenne sur l'ile. Ces efforts marginalisent les populations locales tout en contribuant à une fuite des cerveaux et au déplacement des professionnels Bonairais.
En 2005, Bonaire a connu un changement politique important lorsque l'île a organisé un référendum populaire. Le résultat a conduit Bonaire à devenir une municipalité spéciale au sein des Pays-Bas en octobre 2010. Ce nouveau statut a apporté des lois différentes et un régime fiscal distinct par rapport aux Pays-Bas continentaux. Cependant, cela signifiait également que la population locale était confrontée à certains inconvénients.
Bien qu'il s'agisse d'une municipalité spéciale des Pays-Bas, Bonaire a un accès limité aux services sociaux, aux programmes de réduction de la pauvreté, au logement social et aux prestations sociales dont bénéficient les citoyens néerlandais sur le continent. Cette situation met en évidence la lutte de Bonaire pour garder son identité unique.
Lors du référendum consultatif du 18 décembre 2015, 5 040 personnes avaient dit “ non “ au contenu actuel du choix de Bonaire de nouer des liens directs avec les Pays-Bas, fait en 2004, contre 2 649 qui avaient répondu “ oui “. Avec un taux de participation final de 61,6%, cette victoire de près des deux tiers des voix donna à la coalition locale PDB/UPB le soutien qu'elle recherchait pour rouvrir les négociations avec le gouvernement néerlandais sur le statut actuel de l'île d'organisme public spécial d'outre-mer.
En réponse à cette crise, Bonaire appelle la CARICOM à prendre des mesures collectives, similaires à la résolution adoptée lors de la session du Parlement du MERCOSUR en décembre 2024, pour soutenir sa réinscription sur la liste des territoires non autonomes sous la surveillance d'un Comité spécial des Nations Unies.
Le MERCOSUR se compose des pays suivants : Argentine, Brésil, Bolivie, Paraguay, Uruguay, Chili, Colombie, Équateur, Guyane, Panama, Pérou et Suriname. “ Alors que la CARICOM continue d'adopter la solidarité régionale, en accueillant Curaçao en tant que membre associé en 2024 et en envisageant d'accorder le même statut à Sint-Maarten cette année, nous exhortons la CARICOM à prendre position pour Bonaire et à soutenir sa place légitime sur la liste des territoires non autonomes de l'ONU “, a souligné la délégation de Bonaire.
Bonaire compte sur le leadership du Premier ministre Mia Mottley et de la CARICOM pour garantir que la population de l'île bénéficie de la protection internationale qu'elle mérite. Le cas de Bonaire, avec cette inversion dans le rapport de force démographique, est un phénomène qui devrait intéresser beaucoup de territoires des caraïbes insulaires.
L'info en +
Les Caraïbes néerlandaises se composent actuellement de trois pays et de trois entités publiques :
-Aruba, Curaçao et Sint Maarten sont des pays dotés d’un statut constitutionnel autonome ;
- tandis que Bonaire, Saint Eustache et Saba sont des “ municipalités spéciales “ (entités publiques) qui intègrent le pays des Pays-Bas.

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