Marsèl Blood, le savoir-dire
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Marsèl Blood, le savoir-dire

Pierre Rossovich /Photos : P. R.

Voilà dix ans qu’il n’avait pas foulé une scène guyanaise. Marsèl Blood était de passage pour la fête de Cayenne. Rencontre avec un grand frère de la musique locale.

On ne le présente plus. Marcel Bloud, aka Marsèl Rahguèl-Blood, est un vétéran de la musique guyanaise, même s’il n’aime pas ce mot. Il lui préfère celui de « grand frère ».

Il connaît le succès au début des années quatre-vingt avec des titres comme Waki, Trop de dièses ou San joe wani. Depuis longtemps installé dans l’Hexagone, Marsèl revient rarement se produire au pays. Alors quand la mairie de Cayenne l’a invité pour la fête de la ville, il n’a pas hésité. Il faut dire qu’il refait parler de lui depuis quelques mois. Le titre Trop palé bam bam bam truste en effet les ondes de Guyane 1ère. Un « soft dancehall pas trop rentre dedans », composé par Thierry Debel (Pyroman productions), dans lequel il dénonce, avec le phrasé qu’on lui connaît, ceux qui parlent pour ne rien dire. Publié il y a un an sur youtube, Trop palé bam bam bam est disponible sur la compilation Krab’riddim, en téléchargement légal sur iTunes. Il y mélange créole et bushinengue tongo, comme à son habitude. « Je suis l’un des premiers artistes guyanais à avoir mélangé les langues du pays avec San joe wani. C’était il y a plus de vingt ans », rappelle t-il.
« Que le sens l’emporte »
Ses chansons, au premier abord simples, sont dirigées par la recherche du sens. « Je cherche souvent le bon mot, explique-t-il. Lorsque j’écoute les chansons en créole aujourd’hui, je trouve qu’il y a une perte du vocabulaire d’autrefois. L’important n’est pas forcément de rimer, il faut que le sens l’emporte ».

À plus de 50 ans, Marsèl Blood a la tête remplie de projets. Son nouveau titre Kwamé, commence à circuler. « Cela veut dire samedi en wolof. J’ai passé un mois en Côte d’Ivoire. Là-bas, lorsque les gens me demandaient mon prénom et que je leur répondais Marcel, ils rigolaient. « Oui, mais quel est ton prénom africain ? » me demandaient-ils. Chez eux, le jour de ta naissance fait partie de ton identité ».
Lui qui aime « arriver là où on ne l’attend pas » vient également de créer un nouveau genre musical. Il s’agit de la « Djettah music », tiré du folklore traditionnel guyanais, avec du tambour et d’autres instruments, mais pas de batterie. Un album est en préparation, composé uniquement de créations originales. « Je n’ai pas voulu reprendre les standards guyanais, par respect pour nos gangan ».

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