« L’album de la maturité ». « L’album du retour aux sources ». On a maintes fois entendu dire cela par des artistes pour parler de leurs productions. Pourtant, à entendre Fanny J parler de son dernier album, Mes vérités, qui sort ce lundi 10, on ne peut s’empêcher d’y penser. Lors de son passage au pays pour la fête de Cayenne, elle a pris le temps de raconter ses vérités en revenant sur les dix années écoulées, depuis ses premiers pas sur scène aux Révélations podium.
Après Vous les hommes, en 2007, et Secrets de femmes, en 2010, vous vous apprêtez à sortir votre troisième album. Que doit-on attendre de Mes vérités ?
Que de la sincérité ! C’est un album autobiographique, donc on a l’occasion de me découvrir comme jamais auparavant. Et puis, on peut aussi attendre un peu plus de qualité et de technique vocale.
C’est-à-dire ?
On mûrit, donc forcément, on évolue. Si on écoute mon premier album et le deuxième, ma voix n’a rien à voir. Le troisième, c’est encore autre chose. En tant qu’artiste, on s’applique à évoluer. On donne autre chose au public pour qu’il soit toujours là et qu’il ne soit pas déçu.
Vous avez passé combien de temps à le préparer ?
Quatre ans.
Vous dites que cet album est autobiographique. Quelles sont les vérités de Fanny J ?
Je suis rendue compte que sur les précédents albums, parfois, on avait l’impression que toutes les chansons que je chantais étaient autobiographiques. Pourtant non. Par exemple, dans la chanson Gucci, je dis « je suis le genre de fille qui s’habille chez Gucci ». Mais en réalité, je ne m’habille pas chez Gucci (rires)! J’ai décidé de faire un album dans lequel je me mettais vraiment à nu, où je mettais mes envies, mes déceptions, mes désillusions, ma perception de me vie en musique. D’où le nom, Mes vérités.
Vous êtes très connectée, sur les réseaux sociaux...
Pour être honnête, j’ai mis du temps à m’y mettre. Je suis plus quelqu’un qui vit sur l’instant présent. Et je peux tout donner à mes fans en prestation. On fait des séances photos, on discute... J’ai commencé à me mettre sur internet très tard. Depuis que j’y suis, je suis obligée de remarquer que c’est autre chose. Parce que pour les fans qui ne sont pas du territoire, qui sont en Afrique, dans l’océan Indien ou aux États-Unis, c’est le seul moyen qu’ils ont de converser avec moi. Et c’est énorme ! Les messages qu’on reçoit, le soutien... C’est très important. J’essaie de poster un maximum de choses pour leur permettre de me découvrir telle que je suis et de laisser de moins en moins de place aux « on-dit ».
Est-ce qu’à titre privé, vous y êtes autant présente qu’à titre professionnel ?
Non. Parce que les gens qui font vraiment partie de mon entourage, je les vois ou je les appelle. Je n’ai pas besoin de mettre mes états d’âme sur Facebook pour attendre qu’ils m’appellent.
Vous avez récemment sorti le clip de Dis-le moi. Comment percevez-vous les messages que vous recevez ?
Ça fait plaisir ! Ma carrière est longue. On est passé par des moments d’extrême joie et des moments d’extrême tristesse. Quand on voit ça, c’est le résultat de tout le travail qui a été fourni. On a l’impression que finalement, on est en osmose avec son public. C’est pour le mien que je fais cet album.
Vous avez dit en début d’interview que vous avez mûri, évolué. Pourtant, il y a des commentaires qui disent « on retrouve la Fanny du début... »
On retrouve la Fanny du début dans l’intention et dans l’interprétation. Parce que dans mon premier album, j’étais très douce, je parlais beaucoup, beaucoup, beaucoup d’amour. C’est ça qu’on a peut-être perdu et qu’on retrouve sur le troisième album.
C’était une volonté de revenir à ça ?
Oui. Pour ne pas vous mentir, jusqu’à présent, j’avais un peu de doutes là-dessus... Mais là, je suis contente vu ce que je lis comme commentaires.
Vous faites partie des quelques artistes guyanais qui réussissent à s’imposer hors de nos frontières. Comment y êtes-vous parvenue ?
Je suis arrivée à dépasser les frontières via mon ancienne boîte de production, Section Zouk, qui a fait un travail extraordinaire sur mon premier et mon deuxième album. Ensuite, j’ai eu la chance de signer chez Warner. Il n’y a rien d’autre à dire à part que la musique traverse les frontières. Je crois que j’ai réussi à rester dans les charts pendant deux ou trois mois avec Ancré à ton port. Pourtant, ce n'était pas du tout un morceau travaillé pour un public métropolitain. La musique a vraiment parlé.
Vous cumulez dix ans de carrière depuis le concours Révélation Podium en 2004. Quel regard portez-vous sur votre parcours et sa longévité ?
J’ai beaucoup de chance. Je suis croyante, donc j’aime bien dire Merci Seigneur. Je ne serais pas là sans lui. Et puis, que faut-il retenir d’autre, à part continuer à bosser ? Qu'il faut toujours y croire et ne jamais baisser les bras.
En plus, vous avez réussi à vous détacher de l’image d’artiste de concours. Comment y êtes-vous parvenu ?
Ça, je le dois à Warren. Je lui dois vraiment beaucoup, parce qu’il a fait un travail de pro. Il m’a récupérée au Podium Interlycées. À l’époque, je n’avais pas du tout envie de faire un album et il a su me convaincre. Il a travaillé avec moi l’interprétation en studio, des heures et des heures. Il a aussi travaillé l’image avec moi. Et je suis passé de Fanny du Podium Interlycées à Fanny, puis à Fanny J.
Durant ces dix ans, quel est votre plus beau souvenir ?
Un de mes plus beaux souvenirs est mon premier concert au Progt avec l’AAL (ndlr : Association d’animation lycéenne devenue aujourd’hui Association d’animation guyanaise). Pour la première fois, mes parents sont montés sur scène. C’était beaucoup d’émotion parce que mes parents n’étaient pas forcément pour une carrière musicale. À la fin, ils étaient aussi ravis que moi. J’étais ravie d’avoir partagé ça avec mon public.
Et qu’est-ce qui a été le plus difficile ?
Le plus difficile ? Ce sont les polémiques, le regard des autres qui change... Avoir l’impression que tu appartiens aux autres et que quoi que tu dises, ton image, les autres en feront ce qu’ils ont en envie.
Vous avez déjà fait le Zénith en 2010, l’Olympia en 2012, qu’est ce qu’il vous manque ?
Il me manque un Bercy, et un Stade de France (rires). J’ai eu l’occasion de chanter au Stade de France avec Ralph Thamar pour le concert des 30 ans de Kassav’ et à Bercy pour la Nuit de l’Outre-mer, mais en concert privé, ce serait quand même pas mal. Dans dix ans peut-être, ou avec l’album qui arrive là.
Vous écoutez de la musique sur votre téléphone mobile… On trouve quoi dans votre playlist ?
Du reggae, de la pop, de la soul, du gospel, du r&b, de la soca... Je suis très éclectique, j’écoute même les chansons de manga, j’en regarde !
La télé de Fanny J
Ses animateurs préférés...
« Jean-Luc Reichmann et Laurence Boccolini, j’aime la voir dans Money Drop. »
Ses séries du moment...
« Blacklist, et Scandal comme tout le monde. »
Le dernier film qu’elle a vu...
« Edge of Tomorrow, dans l’avion. »
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