Fifac: une semaine de documentaires au camp de la transportation
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CINÉMA

Fifac: une semaine de documentaires au camp de la transportation

Samuel ZRALOS
Derniers préparatifs sous le manguier du camp de la transportation, à quelques heures de l'ouverture du Fifac.
Derniers préparatifs sous le manguier du camp de la transportation, à quelques heures de l'ouverture du Fifac. • SZ

Dès ce soir et jusqu'à samedi, Saint-Laurent du Maroni accueille la quatrième édition du festival international du film documentaire Amazonie-Caraïbes, en partenariat avec France Télévisions. 37 œuvres sont au programme, dont 26 films en compétition.

 37 films à l'affiche, dont 26 en compétition pour 6 prix décernés ce samedi, pas moins de 13 avant-premières : pour sa quatrième édition, le festival international du film documentaire Amazonie-Caraïbes (Fifac) de Saint-Laurent a vu les choses en grand. Il faut dire que l'occasion était trop belle, avec un retour du public cette année, après deux éditions marquées par la pandémie de Covid-19.
Le retour du public

3000 visiteurs sont attendus à partir de ce soir et toute la semaine au camp de la transportation, pour visionner des documentaires brésiliens, colombiens, guadeloupéens ou bien sûr guyanais. Comme en 2019, les spectateurs pourront choisir entre trois scènes de cinéma : en plein air sous le manguier ou au lavoir du camp, ou dans la petite salle - 40 places environ - de la case prêtée par Kokolampoe. Et comme les deux dernières années, les afficionados loin de la capitale de l'ouest auront la possibilité de suivre les projections à distance, en streaming sur le site du festival, dans la journée suivant la diffusion.

En parallèle du festival grand public, une rencontre professionnelle doit rassembler plus de 50 acteurs du monde du cinéma toute la semaine, tandis que des élèves guyanais vont profiter en journée de visites et de découvertes. Enfin, pour tout le monde, un espace village du festival propose artisans, restauration et, nouveauté de cette année, vente de bière produite dans l'ouest guyanais.

« Ça fait du bien ce retour au physique », se réjouit Frédéric Belleney, délégué général du Fifac depuis sa création, qui « espère » et « pense que le public répondra présent ». Le passionné en est convaincu : « Le cinéma en général c'est voir des films ensemble et avoir des émotions ensemble ».

Édouard Montoute, président du jury du Fifac 2022, au camp de la transportation, à quelques heures de l'ouverture du festival. • SZ

« Découvrir quelque chose de nouveau »

Et pour faciliter le dialogue du public que le responsable de la programmation appelle de ses vœux, il s'est cette année encore efforcé de faire venir des invités. A commencer ce mardi soir par le film d'ouverture, « Au nom de nos ancêtres, esclaves et négociants », travail de mémoire sur la traite négrière entre l'hexagone et la Martinique, diffusé en avant première à 19h30, en présence d'Aurélie Bambuck, la réalisatrice.

Si Frédéric Belleney se refuse à faire montre de favoritisme en conseillant un film en particulier, il salue la diversité de sa programmation, entre films accessibles et d'autres plus ardus. A l'instar de « "Edna", film d'auteur très visuel, avec des très beaux plans en noir et blanc, sans doute plus pour les passionnés du cinéma du réel ».

Avec ce festival, au budget d'environ 300 000 euros, auxquels on peut ajouter 200 000 euros d'apport en nature - salles de diffusion et travailleurs - les organisateurs ont voulu une « programmation exigeante », confie Emanuelle Choin, directrice du festival. « Le but, c'est qu'en cinq jours, le public va toujours découvrir quelque chose de nouveau. »

« Faites confiance à la programmation et venez dans un esprit de découverte. Il faut se laisser porter, revenir plusieurs fois. On a la chance d'avoir pendant plusieurs jours 37 films à voir, alors qu'on a pas de cinéma » à Saint-Laurent explique-t-elle entre sourire et enthousiasme qu'on sent sincère. Fans de documentaires ou non, vous savez ce qu'il vous reste à faire !