Thierry Fanfant a pris le New Morning
Samedi dernier, le bassiste guadeloupéen, Thierry Fanfant donnait son premier concert au New Morning. Il a dédié ses premières notes à sa fille Raphaëlle, dont c’était l’anniversaire, et à Emma.
Dès les premières notes, le ton était donné. Autour de lui, des proches, une famille composée de gens formidables tels Mario Canonge, Dominique Taulliaut, Patrick Boston, Didier Duboscq (pour un duo de basse), Thierry Vaton et Thibo Hien et les voix sublimes de Tricia Evy, Kareen Guiock, Erick Pédurand et Tony Chasseur. Le concert était axé sur son dernier album, « Simé Lanmou », qui a fait vibrer les cœurs des spectateurs et des invités… Même Kasa, le responsable de la sécurité du lieu, bras droit de la patronne, est venu saluer l’excellence du Guadeloupéen. « Je suis heureux et émerveillé d’être là avec vous ce soir. C’est ma première grande salle, merci d’être venus. »
Avec son trio et ses invités, Thierry a fait voyager le public dans son pays, la Guadeloupe, et les pays voisins... Une balade pour les fêtes, une promenade pour l’amour. Pour lui qui a commencé la musique par le gwo ka, la présence de Dominique Taulliaut, avec son tambour s’imposait. Il a également interprété un morceau lui tenant particulièrement à cœur, baptisé « Pièce d’Inde ». « J’ai invité des musiciens de l’océan Indien, d’Afrique, des Antilles, et des Sud Américains. J'ai cherché le lien qui nous unissait et tout naturellement, c’était l’esclavage. C’était la valeur de l’esclave qui était exprimée en pièce d’Inde », a-t-il expliqué pour justifier son choix.
Puis Kareen Guiock est venue chanter « l’ecorce d’un citron vert »… Avec Thierry Fanfant, la musique s'est révélée décidément une histoire de famille et les rythmes, rudes et puissants, sont restés immortels.
Tricia Evy a fait sensation sur scène en accompagnant Thierry Fanfant. Sa voix modulable et suave donnait la chair de poule quand elle a interprèté Elaw. C'est vrai qu'elle a de qui tenir… Son papa et sa maman écoutaient les grandes voix du jazz américain, tels Ella Fitzgerald, Louis Armstrong mais aussi Georges Brassens. Elle est fière de dire que la musique du pays l’a aidée dans le jazz. « J’utilise pour mon jazz ce que j’ai appris en écoutant la musique de mon pays, mais avec ma touche caribéenne, antillaise… »
La petite voix créole, prometteuse, deviendra grande. Depuis son premier concert, jazz-biguine avec David Falkeure, Xavier Richardo et Thierry Fanfant, elle a eu le déclic. Et, Aujourd’hui, les dates s’accumulent sur son carnet de rendez vous.
Thierry Fanfant: « Il y avait de l’émotion, de la tendresse, de la douceur »
C’est extraordinaire, ce premier New Morning était très émouvant. J’avais énormément d’amis dans la salle, beaucoup des gens que j’aime. Je me sentais bien, en famille et soutenu.
Qu’est ce qui vous a marqué ?
Il y avait de l’émotion, de la tendresse, de la douceur. Et surtout les sourires, les sourires du public, les sourires des musiciens, la bonne humeur, le partage, un ensemble précieux.
Pièce d’Inde, votre composition qui rend hommage à l’esclavage, a-t-elle été pensée depuis longtemps ?
C’est devenu une évidence au moment du casting. Quand les musiciens se sont réunis, je me suis rendu compte qu'il y avait des musiciens des quatre continents et que c’était des destinations d’esclaves. A partir de là, c’est devenu une évidence et le titre pièce d’inde est venu assez rapidement.
Comment qualifiez-vous votre musique ?
C’est simplement de la musique. Mais, il est vrai que ma racine est caribéenne. Je suis Guadeloupéen d’origine. Je suis très ancré à mes rythmes, mais aussi très ouvert à ce qui se passe ailleurs. D’abord, autour de moi, puis dans les îles environnantes et dans le reste du monde.
Votre dernier opus « Thierry Fanfant, Simé Lanmou » est-il un tournant dans votre carrière ? Il est très jazzy…
Je dirai qu’il est plutôt acoustique. Qu’est ce que le jazz ? C’est de la musique et moi je fais juste de la musique. Mais, il y a une évolution qui se fait avec la maturité. C’est comme les cheveux gris, on s’en sert, on s’en sert.
Comment Thierry Fanfant voit-il la musique de demain aux Antilles ?
C’est difficile à dire. Mais, j’espère qu’elle évoluera. En tout cas, il y a plein de tendances, plein de jeunes qui font des choses très intéressantes. Je suis très confiant parce qu’on a des musiciens de valeurs et des gens de grands talents. J’ai vraiment confiance dans notre musique.
Tout au long du concert vous répétiez que vous étiez en famille. C’est le cadeau que vous avez offert à votre public ?
Je l’ai dit plusieurs fois, ce soir on était en famille. Quand on est en famille, on invite tout le monde. On fait des anecdotes. Sauf que là, c’était des anecdotes musicales, tout simplement.

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