Si le village saramaca m'était conté...
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Si le village saramaca m'était conté...

I. L.
Les anciennes maisons en bois n'avaient pas toutes l'eau courante ni l'électricité. (Simko)
Les anciennes maisons en bois n'avaient pas toutes l'eau courante ni l'électricité. (Simko)

À partir d'aujourd'hui, le village saramaca de Kourou est en liesse. Ce quartier populaire, l'un des plus anciens de la cité, a vu le jour avec le Centre spatial. Il a beaucoup évolué : les maisons traditionnelles bushinengues ont laissé la place à des habitations d'un type plus contemporain avec l'opération de résorption de l'habitat insalubre menée par la Simko depuis une dizaine d'années.

Il ne reste plus de trace de l'ancien village saramaca. La dernière bâtisse en bois est tombée sous les coups des bulldozers il y a un mois et demi, ultimes vestiges de l'arrivée des premiers Noirs marrons de Kourou. C'était en 1965, date de l'implantation du Cnes dans cette modeste bourgade de 600 pêcheurs et d'agriculteurs qui deviendra la cité spatiale de l'Europe. Les Saramacas sont parmi les premiers à s'implanter, baptisés du nom de la rivière proche de leur village d'origine au Suriname. En effet, en 1960, la création d'un barrage engloutissant la moitié de leur territoire les a contraints à un exode. Beaucoup d'hommes célibataires traversent alors la frontière, avec leur papier en poche, et rallient Kourou, attirés par l'activité de la ville en pleine ébullition. Les nouveaux Kourouciens ne pensaient...

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