Les pros des musiques d’outre-mer veulent se structurer
Les premières assises des professionnels des musiques d’outre-mer se sont déroulées lundi au ministère de l’Outre-mer sous l’égide de Claudy Siar. Y assistaient, entre autres, les artistes Sylviane Cédia, Chris Combette, Tony chasseur, Mario Canonge, Thierry Cham, Jean-Philippe Fanfant, Tedjee, Stéphane Castry, Patrick Marie-Joseph, Thierry Vaton, Jane Fostin…
Partant de la situation des filières de production, de l’édition, de la distribution, de la production de spectacles et leurs dysfonctionnements, le premier débat a été une réflexion pour « bâtir des stratégies en intégrant le téléchargement, les nouveaux réflexes d’achat »… Il a été aussi question de la visibilité médiatique de nos artistes, « une difficulté majeure », selon le leader de Kassav, Jacob Desvarieux, autre participant de ces assises : « On a joué au stade de France en 2009 ; on l’a rempli. Aujourd’hui quand vous entendez les différents médias français parler des artistes français qui y sont passés, ils citent Johnny, Bigard, Mylène Farmer, mais jamais nous… C’est un problème et je me demande d’où il vient… » Kassav fait plus de monde à Amsterdam qu’à Lyon, à Lisbonne qu’à Marseille, à Bruxelles qu’à Bordeaux, « et pourtant dans ces pays là, on ne passe pas à la télé, ni à la radio… Il y a un problème en France ».
20 % des ventes en numérique
Selon Eric Basset, gérant d’Aztec Musiques, la grande difficulté de diffusion des musiques d’outre-mer vient, comme pour les productions régionales, de la disparition des points de vente et de l’absence de prix unique pour le disque. « Il y a aussi un problème de tarif », explique le producteur réunionnais Jean-Louis Rosely car le disque reste taxé comme un produit de luxe, à 19.6 %. L’autre problème, c’est la numérisation. Le numérique représente 50 % des ventes aux USA et 20 % en France, avec le problème du téléchargement illégal. « Les mauvaises habitudes se sont installées », regrette l’artiste Kaysha qui reconnaît toutefois que cette fraude lui a permis d’être très connu… au Brésil.
Thomas Duglet, de la société Believe, distributeur indépendant de musique sur les plateformes légales, offre à 20 000 producteurs toute une gamme de services de distribution et de promotion dans le numérique. 20 à 30 % de son chiffre d’affaires provient de son catalogue d’artistes ultramarins. « On travaille énormément avec les Antilles, la Réunion et même le Pacifique car ce sont des gens qui se structurent de mieux en mieux… On a monté une chaîne sur Youtube, dédiée à la Réunion. Le digital, estime Thomas Duglet, est un bon palliatif au handicap géographique de la distance. » Un livre blanc sera édité et la plupart des participants se sont inscrits pour participer à la configuration de l’association des professionnels des musique d’outre-mer. D’ici trois semaines, on con naîtra la date de convocation de son assemblée générale constituante.

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