Immigration clandestine : la mer sous haute surveillance
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Immigration clandestine : la mer sous haute surveillance

Gérard MATUZAC
Dans cette barque, 43 clandestins sont arrivés en Guyane par la mer en 1993 (GM)
Dans cette barque, 43 clandestins sont arrivés en Guyane par la mer en 1993 (GM)

La surveillance routière pour empêcher l'arrivée des clandestins ne suffisant pas, les forces de l'ordre étendent leur action à la mer. En quinze jours, deux barques bondées de passagers en situation irrégulière ont été arraisonnées au large de Cayenne.

Dans les années quatre-vingt-dix, on ne comptait plus les embarcations (appelées ici tapouilles) qui accostaient sur les plages de Guyane et en particulier sur celles de Rémire. Il en arrivait jusqu'à trois, voire quatre par semaine. Mais beaucoup coulaient avant de parvenir à destination en raison de l'état de la mer, parfois déchaînée, et de la précarité de ces coquilles de noix fabriquées à la va-vite sur les berges de l'Oyapock. Le bois n'ayant pas le temps de gonfler pour assurer un minimum d'étanchéité, l'eau entrait constamment par les interstices tout au long de l'expédition. Dès lors, les passagers clandestins étaient contraints d'écoper durant toute la traversée. À l'époque, on racontait qu'une tapouille sur quatre coulait. Au moins. On retrouvait des cadavres sur les berges un peu partout...

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