Dans les années quatre-vingt-dix, on ne
comptait plus les embarcations (appelées ici tapouilles) qui
accostaient sur les plages de Guyane et en particulier sur celles
de Rémire. Il en arrivait jusqu'à trois, voire quatre par semaine.
Mais beaucoup coulaient avant de parvenir à destination en raison
de l'état de la mer, parfois déchaînée, et de la précarité de ces
coquilles de noix fabriquées à la va-vite sur les berges de
l'Oyapock. Le bois n'ayant pas le temps de gonfler pour assurer un
minimum d'étanchéité, l'eau entrait constamment par les interstices
tout au long de l'expédition. Dès lors, les passagers clandestins
étaient contraints d'écoper durant toute la traversée. À l'époque,
on racontait qu'une tapouille sur quatre coulait. Au moins. On
retrouvait des cadavres sur les berges un peu partout...
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