Escales Caraïbes avec Beethova Obas, Jocelyne Beroard et Sarah-Corinne Emmanuel
La Scène Bastille a fait plaisir à des centaines de personnes avec une programmation de qualité et attendue : Jocelyne Beroard, Sarah-Corinne Emmanuel et Beethova Obas.
Tout a débuté par une petite mise en bouche avec le groupe de la Martinique, Charlie Trio, composé de Francis Joseph-Rose à la basse, Félix Clarion à la guitare et le leader Charlie Labinsky aux batterie/percussions. Ils existent depuis 2008 et ont profité de leur passage à Paris, sur la route du Jura où ils vont être en résidence d’artiste, jusqu’au 11 novembre. Leur premier album sortira en 2012. Un style propre, une sonorité séduisante, swing, assez originale, rythmée aux airs de nos campagnes, un bélé original, funky.
Puis, c’est la mise en place de l’orchestre, sans surprise. On prend les mêmes et pourquoi changer un groupe gagnant avec Albert aux percussions, Bellon à la batterie, Philippe au synthé, Mickaël et Yvon pour les guitares. Aux chœurs Marie-Céline Chroné et Jean-Jacques .Les ingrédients du succès sont en place. La grande Sarah-Corinne Emmanuel chauffe sa voix en coulisse avant d’apparaître, vêtue d’un jaune soleil qui fait oublier le froid extérieur. Elle est sublime, provocante, sensuelle, parfois dérangeante. Sa voix cristallise le public qui boit ses paroles diffuses pour mieux la pénétrer et vibrer avec elle. Elle porte en elle force et puissance. Cette Sarah-Corinne chante la vie, dans un mélange théâtral peu commun. Le blues de son quotidien, le respect de la femme, de son corps et l’union pour vaincre ensemble l’amour pur. Le chemin de mémoire de Sarah-Corinne Emmanuel dans son blues créole est envoûtant, prenant et porte l’espoir. Elle chante avec ses tripes la douleur d’une mère souffrante prête à tout pour sauver sa progéniture. Elle lance au public en le fixant : « Les matadors, ces femmes, ces putes étaient nos mères ! . Ça déménage.
Il est 21h15 le gaucher haïtien, Beethova Obas prend le témoin. Quelques problèmes techniques l’obligent à emprunter la guitare d’un droitier, celle d’Yvon, pour entonner Ti papa, le titre en vogue de son dernier opus. Il explique : « Ti papa, dites vous bien que le monde va mal. Ti papa est un dirigeant qui n’arrive pas à assumer. Je suis haïtien, vous comprenez ce que je veux vous dire. Chez moi, il y a des ti-papas. Mais, faites attention il y en a partout ! ». Place à l’ambiance, à la vibration des cordes de la guitare qui donne la chair de poule, c’est beau. C’est un pro et rien ne l’arrête. Il a le sens du rythme et du travail bien fait. La musique d’Obas transporte au-delà des océans. Chez lui tout est couleur café même le duo qu’il interprète avec la diva martiniquaise, Jocelyne Béroard, d’après un texte de Patrick Chamoiseau, sur une mélodie de Fred Désir. Ils nous emportent vers l’ailleurs, vers son pays, Haïti. Sa guitare est revenue juste avant qu’il ne chante avec elle. La salle est en liesse. La chaleur monte et prédit ce que nous attend après. Mettre le feu. Pour Beethova, Jocelyne est un monument et le public répond en chœur : « Oui ! »
22 h 09, voilà l’étoile attendue qui traverse le podium, cheveux au vent, micro et sourire aux lèvres. La salle est explosive… Tonnerre d’applaudissements. Jocelyne dynamite la salle ; le public explose et reprend en chœur toutes ses chansons. Elle, toute heureuse, fait cette déclaration à la salle : « C’est que je me trouve heureuse avec les Escales caraibes… Je suis vraiment très heureuse d’être là ce soir. Je peux vous voir et voir aussi ces amis-là que j’aime beaucoup et qui ont énormément de talent. Mwen contan, bayo on lamin, ban mwen ! ». PSE plane aussi avec elle. Il n’est pas oublié. Il ne faut surtout pas compter sur elle pour laisser dans l’oubli son compagnon de Kassav. Une résonance d’amour se conjugue à l’infini avec les voix de la salle. Puis, une belle surprise… Oriane arrive pour chanter en duo une de ses plus belles chansons, Siwo. Moment magique. Les voix s’envolent. Oriane entonne avec plaisir les paroles et la foule répond en harmonie, mais étonnée. Et, à la fin comme un seul l’homme, des voix sonnent un gros « j’ t’aime ». Comme elle dit souvent : « Yin ki lammou. »
Un concert, trois artistes, un orchestre… Escales Caraïbes. Depuis deux ans, le concept a séduit les Parisiens qui demandent après chaque concert la date du suivant…

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