Choukaj mas déboule à Paris
Depuis douze ans, chaque troisième samedi du mois de mai, l’association Choukaj Mas Paris appelle ses adhérents et sympathisants à participer à un grand déboulé dans les rues de la capitale. Une manifestation qui s’inscrit dans la continuité des actions menées dans ce mois de la mémoire et de commémoration qu’est le mois de mai. Choukaj veut réveiller les consciences, poursuivre une véritable lutte de résistance comme l’assimilation et la domination culturelle, face à la mondialisation des cultures. Mais aussi revendiquer dans l’esprit des mas à Saint-Jean, les victimes guadeloupéennes de mai 1967.
La majorité des participants était habillée de noir et blanc, recouverte de mains — un signe de deuil et d’innocence — et d’inscriptions : « 1967 neg ja pwen, nèg pé pa pwen enko » ou «Limiyé pou zansyen ». Pour le président du groupe, Samuel Féreol, c’est une revendication juste.
En tête du défilé, cinq jeunes frappaient le sol avec leur fouet pour chasser les esprits malveillants. Les porteurs d’encens passaient dans la foule pour purifier et apaiser les esprits. Certaines jeunes, telle Brigitte, étaient heureuses de danser dans la rue Diderot. « La musique est dans notre sang et ça nous fait vibrer. » D’autre étaient plus conscients comme Fabienne, une jeune lycéenne venue de la banlieue : « Je suis venue pour honorer nos ancêtres et aussi pour la bonne cause, être ensemble. » Sur un parcours inhabituel, pour cause de travaux sur la place de la République, les tambours, les conques de lambi, les calebasses, les voix ont donné le rythme aux pas cadencés et rapides d’une foule déterminée à résister contre « la confiscation » de la culture guadeloupéenne.

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