À dix-huit ans, Anita est devenue membre de l'association.
C'est lors de ce gala que l'idée des Lauriers roses est née. (DR)
Aujourd'hui, pour la présidente des Lauriers roses, il faut se tourner vers les autres cultures. (AV)
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Tout au long de l'année, des manifestations seront organisées pour fêter les 50 ans du groupe folklorique les Lauriers roses. Avant la conférence prévue vendredi prochain à la mairie de Cayenne, zoom sur Anita Mathias. L'actuelle présidente s'est investie dans le groupe dès l'origine de l'association.
Un portail noir bordé par des buissons ardents rouges et jaunes, marque l'entrée de sa maison. Mais depuis la moitié d'un siècle, ce sont les Lauriers roses qui occupent l'esprit d'Anita Mathias. Lauriers roses... Le nom de l'association qu'elle fréquente depuis ses quinze ans et dont elle est à la tête depuis 1974. Une association née en 1959 à Cayenne qui a pour but la promotion du folklore guyanais. Sur la terrasse de sa maison, Anita s'installe à une petite table et y étale les photos qu'elle sort de diverses boîtes en carton. Son choix se porte sur une photo noir et blanc où sourient des hommes, des femmes et des enfants, tous vêtus du costume traditionnel créole. C'est à partir du gala donné ce soir-là, en 1958, que l'idée de l'association est née. Mais Anita n'est pas sur la photo. Immédiatement, un sourire se dessine sur ses lèvres. « J'avais quinze ans, mais je n'ai pas pu y aller parce que j'étais punie! À cette époque-là, on donnait chaque semaine nos notes aux parents. Et j'avais eu la meilleure note en orthographe et j'étais deuxième en chant, mais j'avais eu cinq en conduite. C'est parce que j'aimais rire et les autres racontaient des blagues, je me faisais toujours prendre! »
Passé
Quand l'association voit le jour l'année d'après, l'adolescente n'a toujours pas le droit d'y prendre part. Mais elle ne peut s'empêcher d'y aller en cachette. D'autant plus qu'elle n'habite pas loin, rue Lieutenant-Becker. « Je suis née à Saint- Georges, lance-t-elle comme pour s'en excuser. Là-bas, tout le monde était aux percussions, mes parents, mes voisins... Je me suis toujours intéressée au folklore. » À l'âge de 18 ans, elle peut enfin adhérer au groupe, grâce à l'un de ses piliers, Mlle Robertin. « C'est elle qui a voulu créer cette association. Elle avait vécu quelques années en Afrique et quand elle est revenue en Guyane, elle a été déçue de voir que le patrimoine n'était pas suffisamment mis en valeur. C'est elle qui a convaincu mes parents de me laisser entrer dans le groupe qui s'appelait alors Laurier rose. Elle avait déjà 74 ans, et pour elle, il fallait d'abord passer par les parents. Mais moi, j'avais déjà décidé que j'allais faire partie de l'association à ma majorité (21 ans à l'époque, ndlr) même si mes parents ne voulaient pas. Mais comme je m'étais améliorée au niveau de la conduite, ils n'ont pas dit non. »
Présent
Anita commence sa vie professionnelle en étant agent administratif. Mais la dame bouge beaucoup. Elle passe un concours et commence à travailler à l'hôpital de Cayenne. Elle exerce après le métier de secrétaire médicale, puis devient technicienne d'information médicale. Parallèlement, elle est conseillère municipale à Cayenne avec Gérard Holder, puis adjointe déléguée à la culture lors du premier mandat de Jean- Claude Lafontaine. Pendant ce temps, son travail continue avec le groupe. C'est d'ailleurs elle qui est à l'origine du changement de nom : « Il y a de nombreuses teintes de lauriers et lors de nos manifestations, j'en mets plusieurs dans un panier, c'est pour ça que finalement, on a changé pour Lauriers roses au pluriel. » Mais pourquoi garder un nom qui fait plus penser à un groupe horticole ? « C'est parce que chaque fleur a une signification. Celle du laurier rose est : « Mon triomphe est assuré » . Cela signifie le succès, la joie, la réussite. »
C'est lors de ce gala que l'idée des Lauriers roses est née. (DR)
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Futur
Et des succès, le groupe en a connu. Ici, pour ses 25 ans, où l'exposition réalisée a eu un certain succès, mais aussi sur d'autres terres. « Nous sommes allées à Strasbourg, au Canada, à Miami, en Martinique... Nous étions même à Georgetown au Guyana en 1972! »
Alors que toute l'année 2009 va être consacrée à célébrer l'anniversaire de l'association qu'elle préside, Anita lance un regard fier sur le passé, mais se projette également avec optimisme vers le futur. « Nous avons montré le travail des anciens. Aujourd'hui, il nous faut aller vers les autres pour tenir compte de la société guyanaise dans toute sa diversité. Il y a des échanges entre communautés pendant le carnaval. Nous, c'est ce qu'on voudrait. Que chacun aille vers l'autre avec sa culture, pour des échanges, un partage. Je pense que la tradition intéresse les gens. Il suffit de voir le nombre de jeunes qui s'intéressent aux percussions, qui veulent apprendre à jouer du tambour. »
Aujourd'hui, pour la présidente des Lauriers roses, il faut se tourner vers les autres cultures. (AV)
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