Théodore Timane n'est plus
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SAÜL

Théodore Timane n'est plus

Pierre-Yves CARLIER

Théodore Timane et son épouse, après avoir été médaillé chevalier de l'Ordre du mérite dans les années 90 (DR)

L'ancien maire est décédé hier matin, à 95 ans. Ancien orpailleur et doyen de la commune, il avait initié le retour des habitants dans le village, à la fin des années 1970.

Toute la vie de Théodore Timane aura été intimement liée à l'histoire de Saül, où il aura été orpailleur, maire et doyen. Mais c'est à 200 kilomètres de là, à Cayenne, que l'ancien maire est mort, hier matin, dans la maison familiale de la route de Baduel.
Théodore Timane naît le 9 janvier 1919 à Saül. Ses parents, originaires de Sainte-Lucie, sont arrivés dans le village onze ans plus tôt, avec la ruée vers l'or.
Ses parents l'envoient à Sainte-Lucie suivre sa scolarité, quand il a 7 ans. Il revient à Saül à 20 ans. C'est alors que le village connaît ses années les plus dynamiques : ouverture de l'école en 1940, liaison radio avec Cayenne, construction de l'église à laquelle il participe, construction de la piste d'aviation et de la piste Bélizon. Saül devient une commune en 1969.
Guide pour le Bureau minier (futur BRGM), il arpente les environs du bourg dans tous les sens. « Il connaissait très bien l'intérieur de la Guyane. Tous les sentiers touristiques étaient, au départ, utilisés par ceux qui cherchaient de l'or ou du bois » , se souvient son gendre Didier Rostaing, candidat aux dernières élections municipales.
« SANS LUI, SAÜL N'EXISTERAIT PLUS »
Mais c'est aussi l'époque où le bourg se vide. Les habitants s'installent à Cayenne. Dans les années 1970, Théodore Timane retourne y vivre. « C'est pratiquement lui, avec sa famille, qui a impulsé le retour des habitants à Saül » , relate Thierry Louis, directeur des services de la mairie. Didier Rostaing abonde : « Sans lui, Saül n'existerait plus. » Orpailleur - « il connaissait toutes les criques qu'exploitent les jeunes aujourd'hui » , poursuit Didier Rostaing - c'est assez naturellement qu'il est élu maire. Il le reste jusqu'en 1995 et l'élection d'Hermann Charlotte. Il fait venir des familles hmongs, fait construire la centrale électrique et rouvre l'école en 1994.
Jusqu'au décès de son épouse Juliana l'an dernier, il poursuit les allers-retours entre Cayenne et Saül, dont il parcourt toujours les sentiers. « Il y a dix ans, on avait encore du mal à le suivre » , témoigne son gendre. Bricoleur, il faisait également un pain dont la réputation avait atteint le littoral. « Il le faisait au pif, sans peser les ingrédients, mais il ne le ratait jamais. »

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