« Kourou a pris plusieurs années de retard »
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« Kourou a pris plusieurs années de retard »

Propos recueillis par Pierre-Yves CARLIER
François Ringuet, lors de son vote (PYC)
François Ringuet, lors de son vote (PYC)

Deux jours après son élection à la mairie de Kourou, François Ringuet fait le point sur les dossiers communaux.

L'euphorie de la victoire est-elle déjà retombée ?
Il faut aller très vite. Kourou a pris plusieurs années de retard.
Comment voyez-vous votre première semaine de maire, après votre investiture dimanche ?
Dès lundi, il faudra rencontrer les agents de la commune, leur présenter l'équipe municipale en place pour que l'on puisse travailler normalement.
Pourrez-vous imprimer votre marque sur le budget qui sera voté bientôt ?
Je viens de récupérer les éléments du budget, il y a trente minutes (l'entretien a été réalisé hier à 18 h 30). Mais oui. Les projets autofinancés seront poursuivis. Les autres, il faudra les programmer.
Les impôts locaux ont fait débat, à Kourou, en fin d'année. Vous n'avez pas surfé dessus. Trop risqué ?
Le problème des impôts est assez complexe. Il y a l'élargissement des bases fiscales et le taux. Tout cela est technique.
Vous ne promettez donc pas de baisse...
Non, pas du tout. Il faut voir de l'intérieur comment cela se passe. Le plus important est d'équilibrer le budget.
Sur le commissariat, vous n'avez pas eu les mêmes précautions. Combien de temps vous donnez-vous ?
Il faut surtout regarder le temps que je me donne pour faire avancer ce dossier. D'ici quelques jours, nous allons commencer les discussions. Cela concerne tous les Kourouciens. Il faut prendre ce sujet au sérieux.
Ce matin (hier), vous avez discuté de l'entrée de la ville avec Rodolphe Alexandre. Quels sont vos projets ?
À Kourou, on arrive le soir sur un rond-point pas éclairé. C'est une question de sécurité. Le président de Région est prêt à financer, via l'offre territoriale. Il est également favorable à financer l'aménagement des lacs et la voirie communale.
Quel est votre projet pour les lacs de la ville ?
On parle de Kourou comme une ville touristique. Il y a les îles du Salut, le centre spatial, mais la ville mérite un aménagement : des promenades, bases de loisirs, stands de restaurations. Des choses simples.
Kourou est en plein lancement de la Zac 2. Quelle vision en avez-vous ?
La Zac 2, on en parle depuis quinze ans. Il va falloir faire avancer le projet, faire rentrer les opérateurs privés, travailler avec la Simko, sinon on sera repartis pour des années. C'est urgent. Il n'y a plus de foncier à Kourou.
Cette Zac est-elle une extension de la ville ou doit-elle pallier des manques ?
Il y aura la partie logement, mais aussi une partie économique. Il ne faut pas que l'on fasse 300 hectares de logements sociaux. Il faut accompagner des investisseurs qui cherchent du foncier. Cela créera de l'emploi.
Justement pendant la campagne, des habitants pariaient de l'insécurité mais les plus jeunes, ceux qui ont entre 15 et 25 ans, se disaient plus préoccupés par les questions d'emploi. Que peut faire le maire pour eux ?
Un maire qui promet aux jeunes de les embaucher à la mairie de Kourou, il leur ment. Il faut accompagner les porteurs de projets. Ce sont eux qui créeront de l'emploi.
En matière économique, êtes-vous favorable à l'arrivée de Carrefour au Bois Chaudat ?
C'est dommage d'implanter un centre commercial là, à côté de la médiathèque. On aurait dû travailler sur la Zac 2. Les abords de la médiathèque, ça devrait davantage ressembler aux Palmistes.
La salle de spectacle est prévue à côté. Allez-vous poursuivre le projet ?
Cette salle, c'est une bonne idée. Mais la ville aura-t-elle les moyens ? Le conseil régional et le conseil général n'ont pas les moyens de nous suivre. Je m'étonne que la mairie puisse, à elle seule, monter un projet de 10 millions d'euros. Nous allons faire un audit, pour voir quels chantiers on peut financer.
Du manjé cochon à Kourou la blanche
Le nouveau maire revendique la diversité de ses soutiens.

Soutenu par le président de Région et de Guyane 73 Rodolphe Alexandre, François Ringuet est le préposé aux finances du conseil général dirigé par Alain Tien-Liong, proche du MDES. Au second tour des municipales, il a été soutenu par Juliana Rimane (UMP) et s'est allié à Isabelle Niveau (UMP). Opportuniste ?
Il s'en défend. « Depuis longtemps, Jean-Étienne Antoinette me proposait d'être son premier adjoint. Si mon but était de me placer, ce serait fait depuis longtemps. » Ses adversaires ont qualifié ces alliances de « manjé cochon » . Pour lui, elles sont « une leçon à ceux qui pensent qu'il ne doit pas y avoir d'alliance. Quand on travaille pour sa population, on ne regarde pas si on est de droite ou de gauche. » S'il a visiblement son idée sur qui sera son premier adjoint, il répond « joker » quand on l'interroge sur la répartition des rôles entre les poids lourds de son équipe.
François Ringuet souhaite garder son mandat de conseiller général, mais n'a rien décidé pour la communauté de communes. Il confirme sa bonne entente avec son président, le maire de Sinnamary Jean-Claude Madeleine : « S'il souhaite continuer, ça ne me pose aucun problème. »
Dernière attaque, pendant cette campagne, le soupçon de vouloir confier les clefs de la ville aux métropolitains et de refaire « Kourou la blanche » : « Ce sont des conneries. Pendant une semaine, j'ai eu l'impression de voir une campagne du Front national. Certains ont voulu créer une guerre entre Blancs, Noirs, Bushinengué, Haïtiens... Malheureusement, cette stratégie de la majorité sortante va laisser des traces. Ils ont monté la tête aux tout petits, en disant que les Blancs viendraient rétablir l'esclavage à Kourou. C'est dommage de jouer à ce jeu. »
P.-Y.C.

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