Scène inédite hier à Apatou. Depuis lundi, un piquet de grève était installé devant la mairie annexe. Les services municipaux ont toutefois fonctionné normalement. Des agents, menés par l'Union des travailleurs guyanais (UTG), dénoncent leurs conditions salariales. « Le maire ne respecte pas nos droits, affirme Roman Constant, leader de l'UTG à la mairie. Il supprime les 40% et ne paie pas certaines primes. Cela dure depuis deux ou trois ans. » La seconde critique porte sur l'embauche de Benoît Sida comme numéro 2 des services techniques. Adjoint au maire depuis 2008, il a été réélu en mars. Il a alors démissionné pour se faire embaucher comme employé municipal. Les grévistes lui reprochent son attitude. « On ne demande pas qu'on lui enlève son travail mais qu'il soit nommé ailleurs. » Le dernier point de blocage portait sur la mutation de Roman Constant à Providence. Employé comme électricien au bourg, il devait prendre un poste aux espaces verts dans ce village situé à quatre heures de pirogue. Il est persuadé que Paul Dolianki veut ainsi « couper la tête de l'UTG » . L'idée d'un règlement de compte politique surgit aussi : Roman Constant est le beau-frère de Moïse Edwin, adversaire du maire aux élections de mars. Hier après-midi, un accord a finalement été trouvé avec les grévistes. Benoît Sida restera à son poste : « Le maire s'est engagé à ce qu'il change d'attitude et les agents feront tout pour que ça se passe mieux » , explique Roman Constant. Lui-même doit rediscuter des conditions de son affectation à Providence. Enfin, la situation salariale des agents doit être réétudiée dans les deux prochaines semaines. Un audit est aussi attendu pour dans trois mois. Paul Dolianki répondra
Sollicité pour donner son point de vue sur la grève, Paul Dolianki n'a pas souhaité s'exprimer par téléphone. Il veut faire un point complet « sur la situation financière de la commune » .
Cela devrait se faire dans les prochains jours.
Une alarme l'an dernier
L'augmentation des charges de personnel entre 2009 et 2011 pèse sur les finances de la commune.
En novembre, les conseillers municipaux avaient dû voter une rallonge budgétaire de 277 000 euros pour payer les salaires de décembre. Dans le même temps, ils avaient renoncé à 22 000 euros d'indemnités.
Dès juillet, la Chambre régionale des comptes s'était inquiétée : « La situation financière de la commune s'est nettement détériorée entre 2009 et 2011. Sa capacité brute d'autofinancement, qui était positive de 608 000 euros en 2009, est devenue négative de 1,1 million en 2011.
Cette dégradation s'explique essentiellement par la progression des charges nettes de personnel (+ 57,8%), des achats et charges externes (+ 92,1%) et des subventions de fonctionnement versées (+ 64,4%). » En 2012, le bilan était meilleur mais toujours négatif de 197 000 euros.
Le maire avait alors promis de ne pas renouveler 28 contrats de travail et avait demandé aux agents de récupérer leurs heures supplémentaires plutôt que de se les faire payer. Les élus avaient supprimé l'indemnité pour frais de représentation octroyée au maire et réduit leurs indemnités.
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