Pendant longtemps il a hésité. Au moment du carnaval hors saison, en août, Emmanuel Prince était prêt à lâcher la présidence de l'Union régionale des festivals et carnaval de Guyane (URFCG). L'annonce à la presse était quasiment calée. Il savait qu'à la rentrée, il devrait partir dans l'Hexagone pour des raisons de santé. Organiser le carnaval 2015 à 8 000 kilomètres de distance relèverait de la gageure. Finalement, Emmanuel Prince a gardé le poste. Persuadé qu'avec son équipe restée en Guyane, il serait possible de mettre sur pied les festivités. Ce qu'il n'avait pas imaginé, c'est que son adversaire, Philippe Alcide-dit-Clauzel, réussirait à rassembler les présidents de comités locaux autour de lui. Y compris ceux qui soutenaient le président jusque-là. Les dissensions se sont fait jour en fin de semaine dernière (lire notre édition de samedi). Hier, la rupture a été consommée. L'URFCG n'organisera pas le carnaval 2015. Les comités locaux, réunis hier soir à Rémire-Montjoly, devaient décider de le faire eux-mêmes. « Nous avons pris la décision d'interrompre nos travaux, écrit Emmanuel Prince. Nous nous dédouanerons de toutes responsabilités et des répercussions des dysfonctionnements habituels. » Ce à quoi José Guillolet, qui dirige le carnaval de Kourou, répond que « les comités peuvent organiser l'arrivée de Vaval, son incinération et l'élection de la reine. On ne va pas lâcher le terrain. » Sans pour autant accabler son collègue : « On est tous fautifs. Je ne vais pas le critiquer. Il a fait des erreurs. » Emmanuel Prince : « des coups ineffables »
Dans un courrier de deux pages (LIRE CI-DESSUS), Emmanuel Prince dénonce « les coups ineffables d'un groupe de personnes ayant pour mission principale de freiner cet élan d'adaptation positive de notre patrimoine [...] Ceux-là qui ont confondu la défense du patrimoine avec leurs propres intérêts. » Dans son viseur, Philippe Alcide-dit-Clauzel, à qui il reproche de gagner de l'argent sur le dos du carnaval grâce à Touloulou Magazine. Selon lui, le magazine appartient à l'Union.
Puis le président de l'URFCG défend son bilan : « Que l'on nous juge sur le travail réalisé en deux ans : structurer les parades communales, relancer les vidés du matin, l'ouverture des dancings par le roi et la reine, les animations à l'aéroport, la sortie des personnes âgées. »
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