A 20 ans, Fanm Dibout rêve d'union sacrée
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A 20 ans, Fanm Dibout rêve d'union sacrée

Propos recueillis par A.S.-M
Les femmes de Fanm Dibout réunies hier autour du préfet (ASM)
Les femmes de Fanm Dibout réunies hier autour du préfet (ASM)

Hier, les membres de Fanm Dibout se sont retrouvées autour de Léodate Saïbou, dit Tatie Léodate, pour fêter les 20 ans de l'association. Toujours debout, la présidente fondatrice poursuit son combat.

Comment est née Fanm Dibout ?
C'était en 1993. Il y avait une grève à la crique Fouillée. Les femmes étaient à la tête du mouvement avec l'UTG et c'est là que j'ai pris l'initiative avec d'autres de créer une association. L'objectif était de dénoncer l'insécurité. A ce moment-là, il y avait des agressions pire qu'aujourd'hui. On tuait les gens comme si c'était des poupées. On a lutté pendant trois ans. En 1996, un inspecteur de la Dass a été tué à la Coulée d'or. On a organisé un défilé qui a réuni plus de 5 000 personnes dans les rues de Cayenne. En 1998, on a fait un deuxième défilé qui a réuni 3 000 personnes. Et puis on a commencé à travailler avec la police, la Paf, la gendarmerie... Presque tous les préfets qui sont passés en Guyane ont travaillé avec Fanm Dibout. Fanm Dibout a été critiqué mais on n'a jamais lâché.
Y a-t-il une action de Fanm Dibout dont vous êtes particulièrement fière ?
Lorsqu'il y a eu le drame de la montagne de Cabassou, j'ai eu l'idée de faire une soupe pour les militaires qui venaient de métropole. Les vendeuses du marché de Cayenne m'ont beaucoup aidée à la préparer.
Lorsqu'on est arrivés sur place, le préfet n'a pas voulu. Mais comme les femmes sont très coriaces, on lui a dit : « On n'est pas venues regarder ce qui se passe, on est là pour apporter à manger. » Il a cédé, je suis passée et tout le monde est rentré derrière moi. Pour moi, c'est l'action la plus symbolique avec la première manifestation.
Aujourd'hui, quelle est selon vous le combat que doivent mener les femmes guyanaises ?
Pour moi, la priorité, c'est toujours la sécurité. Aujourd'hui, passez-moi l'expression, c'est la débandade. Le mois prochain, je vais prendre rendez-vous avec le préfet, le maire de Cayenne, le président du conseil général et le président du conseil régional pour leur demander d'agir. La drogue, l'alcool, ce n'est plus possible. Il faut faire quelque chose, mais tous ensemble, quelles que soient les tendances politiques. Il faut l'union sacrée pour faire avancer la Guyane et sauver la jeunesse.
(Arnaud Saint-Maxent)
(Arnaud Saint-Maxent)

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