Les gérants des stations-service sont invités par la préfecture à travailler sur le projet de décret réglementant les prix à la pompe. Mais ils ne comptent pas honorer l'invitation car ils ignorent tout du mécanisme de calcul.
« Un texte incomplet. » Voilà comment Jean-Marc Carassus juge le projet de décret réglementant les prix des produits pétroliers. Un décret que le ministre des Outre-mer espère mettre en application dès le début de l'année prochaine. Les gérants des stations-service de Guyane qualifient ce texte d'incomplet car ils ne savent pas comment le gouvernement entend traduire en chiffres ce document. Invité le 21 novembre prochain à une « séance d'échanges et de travail » par la préfecture, ils n'ont pas l'intention de s'y rendre sans obtenir au préalable les arrêtés d'application prévisionnelle. Ce sont ces arrêtés qui renferment le « mécanisme de calcul » et sans cela, Jean-Marc Carassus considère que les gérants ne sauront pas comment fonctionne le décret.
Si le projet de texte rassure sur certains points, comme le maintien des prix administrés et la disparition d'une volonté de créer une station type, il suscite de la méfiance en raison d'une absence de transparence. « Nous ne savons pas à quelle sauce nous serons mangés » , peste le porte-parole du groupement des gérants de stations-service. L'intersyndicale composée des groupements de Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion est aujourd'hui sur le qui-vive. Car les pétroliers avec qui ils ont des liens contractuels, ne savent pas non plus à quelle sauce le décret va les assaisonner. Et la menace d'une gestion en direct des stations-service plane. Depuis quelques semaines, la station au rond-point de la Madeleine est gérée directement par un pétrolier. Celle du rond-point de Mirza a vu sa demande de renouvellement du bail de gérance refusée. Elle sera en gestion directe dès la mi-janvier. « Le décret aura obligatoirement des impacts » , reprend Jean-Marc Carassus, pointant du doigt l'emploi. Mais il estime qu'il ne faut pas chercher d'impact favorable au niveau des prix. La gestion directe ne devra pas non plus être favorable aux consommateurs guyanais, met en garde le groupement.
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