La revanche des tololo
Elles sont devenues incontournables dans le carnaval. Tant et si bien que les soirées dédiées aux hommes masqués se multiplient chaque année. Celle du Grand Blanc a eu lieu vendredi dernier.
JR, 44 ans, est un grand amateur de touloulou. Assidu, il danse chez Polina « tous les samedis, peu importe le nombre de samedis qu'il y a pendant le carnaval. » Dès le début des années 90, il a fréquenté les soirées tololo. Pour voir. « Ma première soirée, c'était là où ça a commencé, à l'Oasis, avec DJ René. C'était un concept inventé par un groupe de métros, pour rigoler. J'ai voulu voir. Je pense que c'est pareil pour les touloulou. La première fois, tu as l'impression que tout le monde te reconnaît... »
Après plusieurs soirées, à l'Oasis ou ailleurs, JR a laissé tomber le masque. « Ces soirées sont devenues trop commerciales. Il y en a beaucoup trop. Et puis l'ambiance est devenue malsaine... On a beau dire, les hommes ne pensent pas comme les femmes. Aux soirées tololo, il y a un côté libertin. C'est beaucoup plus osé. Je connais des hommes qui sont repartis avec des femmes dans ces soirées, que ce soit pour aller sur le capot d'une voiture ou chez lui... »
Joachim, 36 ans, préfère lui aussi les soirées touloulou. Mais une fois par carnaval, le Matourien se costume pour la soirée tololo du Grand Blanc. « Même lorsque le pont du Larivot a été fermé. » Ce qui lui plaît ? « Le costume, le fait de choisir sa cavalière. » Mais toutes les dames n'ont pas ses faveurs.
Les filles qui viennent en groupe, avec des tee-shirts aux messages plus que suggestifs, c'est non. Ou alors pas souvent. « Quand j'ai envie de danser. J'attrape celle qui est à côté de moi. Mais je n'invite jamais les femmes que je connais. Déjà, tu es sûr de ne pas être reconnu. » Mais Joachim cache également un petit côté romantique sous sa cagoule puisqu'il apprécie les fantasmes liés au masque.
« La femme croit qu'elle te connaît, elle cherche, elle imagine... Mais elle n'a aucun moyen de savoir. » Vendredi, pour cette première soirée, Gary, 29 ans, à fait ses premiers pas sur la piste. Chaussé... de ses plus jolies baskets bleues. « Tout le monde m'a félicité pour mon costume. Pas pour mes chaussures. Certaines cavalières m'ont dit que j'aurais pu faire un effort là-dessus. Mais j'ai vu que je n'étais pas le seul... »
Mais Gary a appliqué quelques techniques bien à lui. « Déjà, à la différence des soirées touloulou, tu peux choisir tes morceaux. Je suis mauvais sur la biguine, alors quand il y en a une, je préfère m'abstenir. » Quant au choix des femmes... « Mes amis disent que je suis le Robin des bois des tololo. J'invite les vieilles, les moches, celles que personne ne fait danser. Cela m'amuse de snober les belles de 20 ans que tout le monde invite. Et puis, j'aime bien aussi les fanm pès : comme je ne sais pas trop bien danser, avec elles, je suis bien calé. »
Au bout du compte, Gary est reparti ravi. Enfin, pas complètement. « Les gens ont tendance à dire que ce sont les femmes qui se font malmener dans ses soirées mais je tiens à dire que ce n'est pas toujours le cas. » Et le tololo de rappeler que certaines parties de l'anatomie masculine sont sensibles « et trop de piké peut faire très mal » .

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