L'enfouissement des sphères de gaz de la Sara coûterait près de 20 millions d'euros (photo d'archives)
Classé en zone Seveso ll (1) , le site de stockage de gaz et de carburant de la Sara, implanté à Dégrad-des-Cannes, est soumis à des normes de sécurité restrictives qui rejaillissent sur les 70 entreprises de la zone industrielle et qui nuisent à leur développement économique.
Le débat semble inépuisable. Un puits sans fond, en quelque sorte. Depuis des années, la question de la mise en application d'un plan de prévention des risques technologiques (PPRT) sur la zone industrielle de Dégrad-des-Cannes est soumise à d'interminables discussions entre l'État, la Chambre de commerce et d'industrie (CCIG) et la Sara (Société anonyme de raffinerie antillaise). L'objet de ces échanges est le respect des normes de sécurité qui s'imposent au site de stockage de gaz et de carburant occupé par la Sara à proximité du Grand port maritime. Mais aussi et surtout l'impact de ce PPRT sur le développement économique de la zone industrielle, qui regroupe 70 entreprises.
DEMANDES DE COMPENSATIONS
Classé en zone Seveso ll, le site est soumis à des règles destinées à limiter les risques. En Martinique et en Guadeloupe, la Sara a procédé à l'enfouissement des sphères qui contiennent chacune plus de mille tonnes de gaz. En Guyane, une telle opération nécessiterait un investissement de près de 20 millions d'euros. Celle-ci n'anéantirait pas les risques mais permettrait de réduire le périmètre de sécurité défini dans le PPRT. L'activité économique dans la zone industrielle en serait favorisée. La principale difficulté est que les travaux d'enfouissement prendraient plusieurs mois, au cours desquels la Sara, privée de stockage, ne serait plus en mesure d'alimenter le département en gaz.
Des réunions de concertation ont été organisées depuis le mois de juillet entre la CCIG, l'État et la Sara. Lors de celles-ci, le président de la Chambre, Jean-Paul Le Pelletier, a réitéré ses demandes de compensation financières pour les entreprises. « Aucune ne devra débourser le moindre euro pour faire face à ces restrictions imposées par l'État, martèle-t-il. Pour toutes les restrictions ou les suppressions d'exploitation ainsi que pour les travaux de confortement, nous exigeons des compensations. » Une autre solution serait que la Sara consente à changer de site. Un déménagement dont le montant a été estimé à près de 15 millions d'euros.
(1) Dispositif de prévention des accidents majeurs impliquant des substances dangereuses. Il ne fait pas de distinction entre l'activité de stockage et l'utilisation de substances dans un procédé de manipulation et de fabrication.
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