Stéphanie Younke (à g.), représentante du personnel AESH en « grande souffrance » (RF)
Fin septembre (1) , le syndicat SE-Unsa dénonçait le non-paiement des salaires de quelque 300 personnels de l'Éducation nationale, dont une centaine d'enseignants. Une situation toujours pas résolue. Le personnel se dit méprisé.
Ras-le-bol! C'est le coup de gueule que pousse le syndicat SE-Unsa. « Et ça sort des tripes » , complète Raymonde Cape, secrétaire générale de l'Unsa-Éducation. Le syndicat dénonce une nouvelle fois le défaut de paiement « d'un peu plus de 300 personnes [...] du 1er et 2nd degré, contractuels, stagiaires et même des titulaires. Tout le monde est touché. On est vraiment maltraités, méprisés! » soutient Didier Dorlipo, secrétaire général du SE-Unsa.
Parmi ces salariés, les AESH (Accompagnateurs d'élèves en situation de handicap). Leur représentante-élue, Stéphanie Younke, est elle même concernée. « On se retrouve avec deux fins de mois consécutives très difficiles. La plupart d'entre nous est en interdit bancaire. » Certains n'ont perçu que 20% de leur salaire, assure-t-elle. Après ce cafouillage administratif à la rentrée, le rectorat s'était pourtant engagé à verser un acompte (à hauteur de 80%*) le 7 octobre et la totalité le 15. Une promesse non tenue selon le syndicat. Et « ce n'est pas la seule » .
PAS DE COMMUNICATION
Raymonde Cape évoque les courriers destinés aux établissements bancaires. « On les a jamais vus. » Marguerite (2), personnel AESH, regrette le manque de communication. « Je suis en colère, dans l'incompréhension. Que ça soit les retards, ces histoires d'acomptes... on a jamais reçu un seul courrier ni autre note d'information. J'ai plein d'agios (dont le personnel exige le remboursement, ndlr) de factures non payées. »
Elle poursuit. « On a jamais eu non plus les formations auxquelles on a droit. Je m'occupe d'un enfant autiste mais il y a différents handicaps pour lesquels je suis encore démunie. »
20 EUROS DE SALAIRE
Sylvain (3), enseignant dans le 2nd degré, a eu la surprise de découvrir sur son compte, en guise de salaire, 20,44 euros. Contractuel, jonglant entre plusieurs établissements, c'est une situation qu'il a déjà vécue de multiples fois. « Je suis déjà resté six mois sans salaire! »
Indiquant dans un premier temps ne pas avoir connaissance de ce problème, la conseillère du recteur a ensuite reconnu la « complexité » de la situation, avant de garantir que le rectorat apporterait, lundi, des éléments de réponse par voie de communiqué.
(1) Notre édition du 1er octobre.
(2) Leurs prénoms ont été modifiés.
(3) Leurs prénoms ont été modifiés.
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