Un nageur au caractère bien trempé
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Un nageur au caractère bien trempé

A.S.-M.
Récompensé par la Région il y a quelques jours, Jean-Rowane a retrouvé Myrtho Mandé, président du comité de natation, qui lui a fait faire ses premières longueurs (ASM)
Récompensé par la Région il y a quelques jours, Jean-Rowane a retrouvé Myrtho Mandé, président du comité de natation, qui lui a fait faire ses premières longueurs (ASM)

Touché par une malformation qui atteint la motricité de ses jambes depuis l'âge d'un an et demi, Jean-Rowane Chocho ne s'est jamais laissé arrêter par ce « détail » pour accomplir son rêve : devenir un sportif de haut niveau. Depuis la rentrée de septembre, âgé de 13 ans, il a franchi une étape importante en intégrant le Creps de Vichy, section natation.

Ce n'est pas dans un bassin mais sur la piste de Baduel que l'aventure commence. En 2010, à l'âge de 9 ans et demi, Jean-Rowane se met à l'athlétisme, soutenu par la ligue et l'Étoile montjolienne. Mais en 2012, il se tourne vers la natation et prend une licence au Megaquarius. De retour en Guyane pour les vacances de Noël, il raconte : « Quand j'ai dit à ma mère que je voulais nager, elle ne me croyait pas, elle ne pensait pas que je savais nager. Quand elle m'a vu dans l'eau, je faisais toutes les nages. Elle a été surprise. » Ne progressant pas assez vite à son goût, le jeune sportif quitte le Megaquarius pour le Cercle des nageurs de Cayenne. « Au CNC, ils ont choisi un entraîneur pour moi et m'ont entraîné d'arrache-pied. C'est grâce à eux que je suis au Creps. »
UN REGARD DIFFÉRENT
Armé d'un caractère de battant, Jean-Rowane prend la direction du Creps (Centre de ressources, d'expertise et de performance sportives) de Vichy fin août 2013. Il veut progresser bien sûr, mais ce n'est pas sa seule motivation. « J'ai beaucoup réfléchi. En Guyane, ce n'était pas adapté pour moi. Je me suis dit pourquoi pas partir en Europe pour me montrer, car ici je ne me montrais pas trop. À Vichy, je ne me sens plus différent. Ici, il y avait les regards des autres, comme si je les dérangeais, même au collège. Là-bas, on me considère comme un collégien comme les autres. » Un collégien qui, à 13 ans, a dû faire le choix de la séparation familiale. À 8 000 km de sa mère, le jeune homme se fait une raison. « C'est un peu dur mais il ne faut pas trop penser à ça, il faut plus aller sur son objectif. Je peux voir maman pendant les vacances. Là, j'en ai profité parce que je ne reviendrai pas avant six mois. »
« MONTRER QUE C'EST POSSIBLE »
Au niveau sportif, Jean-Rowane progresse à vue d'oeil. Il nage aujourd'hui le 50 m nage libre en 45 secondes, soit six secondes de mieux en moins de six mois. « On s'entraîne tous les jours. Tous les matins j'essaie de battre les gens qui étaient déjà là l'année dernière. Je les rattrape mais il me faut encore un plus pour arriver jusqu'au bout. » Au bout, ce sont les Jeux olympiques de Tokyo en 2020 où il espère au moins égaler son modèle, David Smetanine. Nageur paralympique médaillé de bronze à Athènes en 2004 et double médaillé d'argent aux mondiaux de Durban en 2006, Smetanine avait été invité à l'Open de natation à Baduel en 2011. Jean-Rowane y était et, à l'évocation de ce souvenir, un large sourire illumine son visage d'adolescent : « C'est le seul qui a à peu près le même handicap que moi, sauf que lui est paraplégique. C'est sa façon de nager qui m'a boosté. »
Première étape sur la route de Tokyo pour Jean-Rowane : les championnats de France d'hiver en mars. Ils arriveront vite et lui permettront d'avoir une première référence par rapport au niveau national. Ensuite, il reviendra passer les grandes vacances en Guyane, espérant servir, non pas d'exemple mais de tremplin. Car le jeune garçon dit aussi avoir fait ce choix « pour montrer que c'est possible » et inciter les instances sportives guyanaises à investir un peu plus dans le handisport. « Il commence à y avoir des nouveaux jeunes qui arrivent donc il faut plus à tous les niveaux : plus d'entraîneurs, plus de jeunes. » Et surtout, « il ne faut jamais dire que ce n'est pas possible. »
Malaurie chausse les pointes
Depuis cinq ans, Malaurie Bouboune, âgée de 10 ans, est inscrite au club d'athlétisme Matoury 2000. Comme les autres athlètes de son âge, elle court sur piste comme en pleine nature lors des cross. La seule différence, c'est que Malaurie court toujours main dans la main avec un(e) autre athlète. Car Malaurie est non-voyante. Son envie de courir vient de sa mère et de son grand frère, eux-mêmes athlètes. Une passion que le président du club matourien, Maurice Luzard, fait tout pour entretenir chez la jeune fille. En Guyane, elle participe aux compétitions au milieu des autres jeunes de son âge mais Malaurie court aussi aux Antilles et dans l'Hexagone, cette fois dans des compétitions handisport. Elle a d'ailleurs participé en 2012 aux championnats de France handisport à Vannes. Athlète accomplie, elle s'y est même alignée en athlétisme et en natation. Sur la piste, elle excelle sur le 400 m, une distance très exigeante. Et comme Jean-Rowane Chocho, elle ne nourrit aucun complexe et vise le haut niveau.
Samedi, Malaurie a participé au cross de son club, Matoury 2000, en duo avec Jason.
Samedi, Malaurie a participé au cross de son club, Matoury 2000, en duo avec Jason.

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