Vous commencez les championnats du monde par une élimination précoce en individuel et vous les terminez par la victoire par équipes. Comment avez-vous vécu cette semaine ?
C'est vrai que pour moi, il y a eu deux visages à ces championnats. Je perds rapidement en individuel et c'est une grande déception, mais la victoire par équipes est une grande satisfaction. Après mon élimination en individuel, je ne me suis pas démobilisé, je n'ai pas craqué, et c'est ce qui m'a permis de bien m'exprimer sur la compétition par équipes.
Comment expliquez-vous cette différence de résultats, entre l'épreuve individuelle et celle par équipes ?
En individuel, je n'avais pas un match très facile pour débuter. Je mets souvent du temps à bien entrer dans la compétition et là, je n'étais pas très bien dans mon match. L'épreuve par équipes arrive en fin de championnats, donc on a plus de temps pour entrer dans la compétition. Et puis le fait d'enchaîner les combats m'a permis de me rassurer et de sortir ma technique.
Parmi les finalistes de l'équipe de France par épée, lors de ces championnats du monde, vous étiez le seul à avoir été présent lors de la finale des JO de Pékin. Êtes-vous devenu incontournable dans cette équipe ?
En fait, ce qui me permet d'être toujours présent, c'est ma régularité en individuel durant la saison. Si je n'étais pas aussi régulier, je ne serais plus sélectionné. Dans un premier temps, je crois que ça passe par là. La compétition par équipes, c'est quelque chose que j'aime beaucoup, j'y suis à l'aise. J'ai intégré l'équipe en 2003 et depuis, j'ai fait beaucoup de compétitions. J'ai l'expérience et je sais prendre mes responsabilités. C'est aussi pour cela que l'entraîneur me fait confiance.
Vous concernant, vous collectionnez les titres mondiaux par équipes. N'avez-vous pas envie d'une grande victoire en individuel ?
Si, c'est vrai que ça me manque un peu. C'est d'ailleurs mon grand objectif avant d'arrêter ma carrière. Cela se fera ou pas, mais je suis d'ores et déjà satisfait de la manière dont ma carrière s'est déroulée. Quand j'ai commencé l'escrime, je n'aurais jamais cru en arriver là un jour. Mais c'est vrai que je rêve d'un titre en individuel.
Pourquoi pas aux JO de 2012 ? Maintenant que ces championnats du monde à Paris sont terminés, Londres est-elle votre grand objectif ?
Maintenant que ces championnats sont passés, nous allons entrer dans une période très particulière. On va devoir se qualifier pour les championnats du monde 2011 et les JO 2012 presqu'en même temps. À partir du mois d'avril, on va entrer dans la course aux points pour être sélectionnés pour les JO et, en même temps, on va devoir gérer la saison en cours avec les Mondiaux qui se profilent. 2011 va être une année très exigeante.
Et dans ces conditions, le mental fera la différence ?
C'est vrai que je fais de l'escrime depuis plus de vingt ans et que je sais me préparer physiquement et techniquement. Donc, effectivement, je crois que ce sera le mental qui fera la différence. Ce sera très important d'avoir les nerfs solides pour rester régulier.
Avec un tel programme en vue, aurez-vous le temps de passer faire un coucou en Guyane ?
J'aimerais beaucoup venir en fin d'année ou en début d'année prochaine. En fait, c'est sûr, je viendrai, mais je ne sais pas encore tout à fait quand. Cela va me permettre de me ressourcer un peu avant d'entamer cette année exigeante.
« Un parcours logique »
À ses débuts à Cayenne, rien ne laissait présager qu'Ulrich Robeiri connaîtrait une telle carrière. Souvenirs, souvenirs avec un de ses premiers maîtres d'arme, Jean-David Poquet.
« Il était trop grand pour son âge, maigrichon et un peu désarticulé. » Voilà le souvenir que garde Jean-David Poquet de la première année durant laquelle il a entraîné Ulrich Robeiri au Cercle d'Escrime de Cayenne (CEC), à Mont Lucas. Le jeune Ulrich a alors 12 ans et cela fait trois saisons qu'il tâte de l'épée. Il a découvert l'escrime avec les Éclaireurs de France. « C'était dans une salle à la Crique, à Cayenne, raconte Jean-David Poquet, avec Arthur Janvion qui l'a ensuite amené vers le CEC à 10 ans. »
Deux années se passent sans que le petit Ulrich ne sorte du lot. Puis, c'est le déclic. Jean-David Poquet, qui suit alors le jeune tireur depuis un an, se souvient : « Quand il a eu 13 ans, cela allait beaucoup mieux. Il avait acquis de la technique et on avait travaillé sa motricité. Cette année-là, il a permis à la Guyane d'être championne Antilles-Guyane pour la première fois en rattrapant 10 touches de retard. C'est là qu'on a détecté qu'il serait un très bon partenaire d'équipe. »
Cette saison déterminante décidera Ulrich, devenu adolescent, à se consacrer à son sport. L'année suivante il intègre une section sport-études en Guadeloupe avant de rejoindre le Creps Antilles-Guyane, puis le Creps de Reims et enfin l'Insep. « C'est un parcours logique, commente son ancien maître d'arme, car il est très progressif. Ulrich n'a jamais eu l'imagination avant l'heure, il a toujours voulu passer chaque étape en son temps. » Une sagesse qui l'a mené là où on sait.
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters