Il y a deux ans, nous avions constaté que le nombre de spectateurs était en baisse le long des routes du Tour. Nous avions pensé à un phénomène de saison, pour lequel il ne fallait pas s'en inquiéter. Un an après, le constat est plus cruel : le Tour n'attire plus le même nombre de personnes sur le bord des routes. Quelle en est la cause ? Elle pourrait bien être multiple. Le calendrier qui a rapproché l'épreuve dans l'autre moitié des vacances ou encore la diffusion en direct sur internet et à la télé. Mais cela n'explique pas vraiment ce grand désert qui est en train de s'agrandir et qui risque, à terme, de n'être plus que l'affaire des organisateurs et des institutionnels.
Ce désamour, si désamour il y a, est avant tout sportif. Il se pourrait bien qu'il provienne de la baisse de niveau de nos représentants, réduits à ne remporter que des étapes... Le spectateur local a besoin de se retrouver à travers de véritables leaders. Or, les derniers résultats, lors des confrontations antillo-guyanaises, ont comme appuyé cette lassitude de la défaite.
Le public est orphelin d'un De Nays-Candau - dernier vainqueur, en 2006, qui est au crépuscule de sa carrière. Un public qui a besoin de retrouver fierté, dignité, orgueil, pour revenir en masse sur les parcours du peloton. À moins, que les rivaux ne soient trop forts pour notre cyclisme. Un cyclisme guyanais qui attend une véritable prise de pouvoir de la part de la relève que l'on avait porté aux nues et qui, aujourd'hui, se perd dans divers parcours. On attend un changement de mentalité, plus de cohésion, plus de solidarité.
Les différents sondages montrent encore, et heureusement, que beaucoup y croient encore, qu'ils ont gardé la flamme. À travers tout ce désamour, n'y a-t-il pas aussi un problème plus profond, dans la somme de travail que doivent accomplir nos cyclistes ? Le nombre d'abandons dès la première étape augmente sans cesse : le reflet d'un niveau qui chute. Et puis il y a le confort individuel qui s'est installé dans les foyers et qui fait aussi que le spectateur s'est embourgeoisé.
Il n'empêche que ce désamour, s'il persiste, met en péril la popularité de la plus grande et plus longue épreuve sportive de l'année. Pour que la foule se déplace et se rassemble, il lui faut de nouveaux guides. Elle attend peut-être aussi, à tort, qu'ils redeviennent géants. Un raisonnement à double tranchant, car pour se sublimer, ceux qui assurent le spectacle ont besoin d'encouragement et non de désamour.
Les supporters sont de moins en moins nombreux sur les routes. Ils n'étaient qu'une poignée hier matin à Macouria (JA)
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