José et Francisco Damiano aimeraient y croire mais dès le début du match ils savent que le Brésil a peu de chances contre l'Allemagne, sans Neymar ni Thiago Silva (DL)
Les espoirs brésiliens ont été rapidement douchés, hier, par une équipe d'Allemagne supérieure. Dans le quartier de l'ex-BP134, à Rémire-Montjoly, les supporters de la Seleção ont encaissé le choc. Et décidé de faire la fête quand même.
Les habitants de l'ex-BP134, à Rémire-Montjoly, avaient tout prévu pour suivre la demi-finale Brésil-Allemagne, hier. Téléviseurs branchés sur la Globo, enceintes géantes poussées à fond et décor aux couleurs de la Seleção. « J'ai fait la même chose pour tous les matchs du Brésil » , raconte José, qui nous a gentiment ouvert les portes de sa maison. Et même laissé la place sur le canapé. Seulement face à une équipe d'Allemagne bien supérieure, les rituels de José n'ont pas suffi. Avant le coup d'envoi, il confessait d'ailleurs : « J'espère une victoire brésilienne mais je n'y crois pas beaucoup. Il nous manque Neymar et Thiago Silva, deux joueurs vraiment forts. Ça va être compliqué pour nous. » Alors au premier but de la Mannschaft, inscrit à la 11e minute par Müller, les espoirs déjà ténus de José vacillent. « Ça rappelle le match contre la France, c'est pas bon. » Au deuxième, douze minutes plus tard, notre hôte est catégorique : « C'est fini, ça y est, on ne remontera pas ça. L'Allemagne ne va nous laisser aucune chance. »
Quelques maisons plus loin, on regarde le match en famille. La télévision est sortie, les chaises en plastique aussi. Et tout le monde continue à y croire. L'Allemagne mène pourtant déjà cinq buts à zéro après une demi-heure. « On se demande ce qui se passe, lâche Nathalie. Mais jusqu'à la fin, je vais y croire. » Les encouragements pleuvent à chaque tentative brésilienne. « Vai, vai! » Les cris sont vains.
L'ALLEMAGNE DÉROULE
À la mi-temps, petit tour dans le bar du quartier. Les drapeaux sont en berne, comme le moral des supporters. Jean continue à souffler dans sa Diabolica. Mais le coeur n'y est plus. « On a encore 45 minutes à jouer, on peut le faire. Mais il faut changer toute l'équipe (rires). » À la table voisine, un groupe de Français est venu soutenir la Seleção. « On a regardé plusieurs matchs ici, d'habitude il y a de l'ambiance mais là... » C'est raté. L'Allemagne continue de dérouler. Et inscrit deux buts supplémentaires en deuxième période. Le but brésilien, pour l'honneur, arrive enfin. À la toute dernière minute. À la BP134, personne ne verse une larme. « On va quand même faire la fête, déclare un jeune homme. Et soutenir les Pays-Bas demain. » Toutes les occasions sont bonnes. On retrouve Nathalie. Elle a le sourire un peu forcé mais jure ne pas être déçue. « Même si on a perdu, le football coule dans nos veines. » Alors que le spectacle continue...
Devant les télévisions, toutes les générations comprennent que quelque chose de grave est en train de se jouer pour le Brésil. (DL)
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Dans les rues de la cité Arc-en-ciel, les drapeaux brésiliens sont en berne. (DL)
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(Henri Griffit)
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