Un renforcement urgent de la protection et de la prise en charge des victimes de violences demandé
Le maire de Macouria prend acte de l'actualité récente et adresse un courrier au préfet dans lequel il fait part de demandes importantes concernant les violences intra-familiales. La Guyane détient le malheureux record du nombre de femmes victimes de violences conjugales en France.
Le triple meurtre du quartier Saint-Agathe a plongé la commune de Macouria dans le deuil. La cellule psychologique activée à la suite du drame a été fortement utilisée par les riverains de Tonate, remarque la municipalité. Un témoignage du choc au sein de la communauté.
Une semaine après les meurtres, Gilles Adelson, le maire de Macouria, a demandé au préfet par courrier un "renforcement urgent des mesures de protection et de prise en charge des victimes de violences intra-familiales." Il prend également en compte le crime du chemin Imed, à Cayenne, survenu quelques jours plus tard. Gilles Adelson évoque alors le "reflet d'une réalité terrifiante que subissent de nombreuses femmes."
La Guyane est effectivement le territoire français avec le plus grand nombre de femmes victimes de violences conjugales, soit 13,9 pour 1000 habitantes… selon des chiffres officiels certainement sous-évalués. On sait que le silence entoure ces violences et que de nombreuses plaintes ne sont jamais déposées.
Dans son courrier, le maire de Macouria demande la mise en place d'un plan d'action qui inclurait :
- "La création de centres d’hébergement d'urgence spécifiques pour les femmes et leurs enfants victimes de violences, afin de leur offrir un refuge sûr et immédiat.
- Distribution accrue de téléphones d'urgence aux femmes en situation de risque, permettant une alerte rapide et efficace aux forces de l'ordre.
- Prise systématique de plainte plutôt que la simple rédaction de mains courantes, pour assurer un suivi judiciaire approprié et dissuader les auteurs de récidiver.
- Formation renforcée des forces de l'ordre sur les spécificités des violences intrafamiliales pour améliorer la prise en charge des victimes dès les premiers signaux d'alerte.
- Campagnes de sensibilisation régulières auprès de la population pour déconstruire les stéréotypes nuisibles et promouvoir le respect mutuel.
- Point étape régulier avec les acteurs associatifs et les bailleurs sociaux lors des CLSPD. "
Certains détails du contexte autour du triple homicide font effectivement froid dans le dos.
Le principal suspect, né en 1997, était sorti de prison en novembre dernier. Il avait été incarcéré pour des faits de violences.
On apprend également, via plusieurs sources non-officielles, qu'il sortait de garde à vue encore plus récemment. Soit quelques jours, voire quelques heures, avant les meurtres. Une nouvelle garde à vue, car il n'aurait pas respecté les mesures d'éloignement envers la compagne qu'il a finie par tuer.
Dans ce contexte, le danger qui pesait sur la (les) victime(s) n'aurait pas dû être ignoré. Le courrier du maire de Macouria prend tout son sens. "Il est de notre devoir de garantir la sécurité et le bien-être de chaque individu, en l’espèce de chaque femme de notre territoire", conclut Gilles Adelson.

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