De nombreux salariés de la chaîne locale privée se sont plaints de longs retards dans le paiement de leurs salaires. Leur dernier salaire perçu était celui de novembre 2013.
À ATG, le temps est maussade. Et cela n'a rien à voir avec la météo. Hier, plusieurs salariés, sous couvert d'anonymat, ont confié souffrir de gros retards de paiement. « Depuis plusieurs mois, on recevait nos salaires après le 15 puis plutôt autour du 20. Celui de novembre, on l'a reçu le 26 décembre. Il y avait avec, une avance sur le mois de décembre. » Le complément de décembre, finalement, n'est jamais arrivé jusqu'à ce jour. Difficile de savoir si l'ensemble des salariés est concerné par ces retards. Mais les témoignages recueillis sont nombreux et concernent des personnes employées à des postes variés. Entre les découverts bancaires et les difficultés à payer les loyers, les salariés d'ATG sont pris à la gorge. « Cela crée des ennuis à tout le monde, peste un employé. Mais nous ne sommes pas les seuls à ne pas être payés. Les fournisseurs n'ont pas encore été réglés puisque TF1 menace de couper les diffusions. »
MANQUE D'INFORMATION
Outre le fait de ne pas être payé, ce qui exaspère le personnel d'ATG, c'est le manque de communication. Nous avons tenté à plusieurs reprises de joindre le président d'ATG hier. Mais Jean-Paul Le Pelletier n'a pas donné suite à nos sollicitations. Pas plus que Sylvie Brival, la directrice d'antenne qui devait d'ailleurs rendre son poste hier. « Depuis le mois de janvier, j'ai croisé Monsieur Le Pelletier deux fois » , lance un salarié. « Lorsqu'on le croise et qu'on lui parle des salaires, explique un autre, il dit que « ça va se faire » . Il n'y a pas d'explication, pas de dialogue. Je trouve que c'est un manque de respect envers les employés qui, eux, sont là tous les jours. » Pour un autre, c'est simple : « J'avoue qu'il m'impressionne un peu. Du coup, si je le crois, je n'ose pas trop lui parler de mon salaire. Mais ça n'aide pas à venir bosser le matin... » .
Une dizaine de personnes, quasiment la totalité des employés d'ATG, serait touchée par ce problème. « L'ambiance est exécrable, soupire un employé. On sent que c'est la fin. Dans la boîte, un peu tout le monde a déposé des CV à droite et à gauche. » Depuis son lancement en mai 2012, nombreux sont les salariés à avoir quitté le navire ATG. Il y a plusieurs mois, la Région avait attribué une subvention de 300 000 euros à la chaîne (150 000 euros ont déjà été versés. Le reste le sera sur les deux prochaines années)*. « Ce n'est rien, ça, ironise un salarié. Ça a dû permettre de combler un peu le trou! » L'an dernier, ATG accusait, en effet, un déficit de plus d'un million d'euros.
* Modification apportée après publication dans notre édition du 01/02
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